Couchepin Pascal · Bundesrat · 2003-03-03
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2003-03-03
Wortprotokoll
Je voudrais remercier les groupes qui se sont exprimés en faveur de l'entrée en matière et répondre à M. Waber. D'ailleurs, je reprendrai quelques arguments qui ont déjà été présentés par les rapporteurs.
Aujourd'hui, il y a environ 1300 personnes toxicomanes qui sont dans le programme qui nécessite le débat qui est en train de se dérouler. La plupart de ces personnes sont stabilisées, leur santé est meilleure qu'elle ne le serait si elles ne participaient pas à ce programme. La plupart de ces personnes sont aussi atteintes d'une autre maladie. Ce sont donc des patients dont les problèmes que l'on doit traiter ont une certaine complexité.
Ces personnes, comme l'a dit Mme Maury Pasquier, ne sont pas des jeunes, et elles ne s'intègrent pas dans le programme facilement. Elles ont souvent un long passé de toxicomanes. La moyenne nationale, comme l'a dit Mme Maury Pasquier, est de 33 ans. Dans certains cantons, comme celui de Genève, cet âge moyen est un peu plus élevé puisqu'il est de 38 ans.
Le programme n'est pas contesté par les professionnels de la santé. Il faut se rappeler que 15 pour cent des personnes qui participent à ce programme le quittent chaque année. Sur ce 15 pour cent, un quart va vers l'abstinence. Monsieur Dunant, c'est quand même quelque chose de respectable. Un quart de 15 pour cent, ce n'est pas énorme, mais c'est quand même mieux probablement que le résultat que l'on peut obtenir lorsqu'on suit des gens qui sont atteints de maladies chroniques. Il y a autant de gens qui quittent l'héroïne que de gens qui parviennent à se libérer d'une maladie chronique, et on peut considérer l'héroïnomane comme un malade chronique. Le peuple suisse avait d'ailleurs confirmé ce programme lors de la votation du 13 juin 1999.
Ce programme a aussi une certaine efficacité par rapport aux coûts. M. Gutzwiller a dit ce qu'il en était de l'usage de la Ritaline et de la cocaïne. Il n'est question d'introduire ni la Ritaline ni la cocaïne dans le programme. Il y a eu une étude sur les effets de la Ritaline, mais c'était sur un groupe très limité, et il n'y a pas d'intention de la part de l'Office fédéral de la santé publique de la généraliser. C'était simplement dans un but d'étude que l'essai avec la Ritaline avait été conduit sur des gens qui sont déjà héroïnomanes.
Dans l'ensemble - et là, c'est un argument à l'attention de ceux qui hésitent -, l'alternative, c'est quoi? C'est que du jour au lendemain, on arrête ce programme. Que va-t-il se passer pour ces 1300 personnes? Qu'avez-vous à proposer comme alternative crédible, qui soit meilleure que le programme actuel? J'ai écouté les opposants et je n'ai rien entendu sinon des voeux. Bien sûr que l'idéal, ce serait qu'on puisse, par un décret de l'Etat, réussir à transformer le monde et les personnes concernées. Mais ce décret, on pourrait le prendre que le résultat serait nul. On a vu ce qui se passait avant que l'on introduise ce programme de distribution d'héroïne à des vétérans - si vous me permettez l'expression - de la consommation de drogue, et on n'a pas trouvé mieux que ce programme. Ce n'est pas une solution parfaite, mais c'est mieux que rien.