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Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2022-09-15

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-09-15

Wortprotokoll

Ce message sur l'armée est le premier dont nous débattons depuis le début de la guerre en Ukraine. Il en porte déjà la marque, plus précisément celle de la volonté du Parlement d'augmenter les dépenses de l'armée. Dans ce sens, l'UDC soutient évidemment les crédits d'engagement de 300 millions de francs que le Conseil des Etats, suivi par notre commission, a ajoutés au projet initial du gouvernement.

Des cinq arrêtés qui nous sont soumis, je ne parlerai pas du cinquième, le programme immobilier du DDPS, qui n'est pas contesté, et très peu du troisième, pourtant conséquent - environ 2 milliards -, qui concerne un élément essentiel. Avec le système de défense sol-air longue portée Patriot, notre armée va en effet enfin combler une lacune qui persiste depuis trop longtemps dans la protection de notre espace aérien. De manière presque surprenante, ceux qui, depuis des années, s'opposent avec une constance remarquable à toute acquisition de matériel lourd n'ont exceptionnellement pas osé le faire, peut-être en constatant le rôle décisif des moyens sol-air en Ukraine.

Sinon, la position générale du groupe UDC est simple et claire. Pour les trois autres projets, nous rejetterons toutes les minorités, en particulier pour le F-35, et toute tentative de renvoyer le projet au Conseil fédéral ou en commission. Concernant le projet 2, nous ne créerons pas de divergence avec le Conseil des Etats et refuserons nous aussi la mise hors service avant l'entrée en service des F-35 des Tiger, dont l'utilité, malgré leur âge, est démontrée. Elle l'est non seulement pour conserver la Patrouille Suisse, mais aussi aux USA, dans certains domaines de l'instruction et de l'entraînement de nos pilotes.

Au sujet du projet 4 relatif à l'arrêté fédéral sur l'acquisition de matériel de l'armée 2022, le groupe UDC rejettera les trois minorités visant à biffer les 300 millions de francs de crédits ajoutés par le Conseil des Etats. Je relève, s'agissant de l'acquisition d'une deuxième tranche de mortiers de 12 centimètres, qu'elle nous permettra, au moins pour les bataillons mécanisés, d'atteindre un objectif qui tient à coeur à l'UDC: équiper la totalité de ces corps de troupes d'un moyen qui, là encore, fait la démonstration de son actualité et de son efficacité en Ukraine.

Toujours à propos du projet 4, le groupe UDC combattra résolument la minorité Roth Franziska, pour laquelle réduire les subventions aux munitions utilisées dans nos stands de tir semble être une obsession. Cette année, Mme Roth tire prétexte d'un rapport du Contrôle fédéral des finances qui remet en cause les subventions à la munition GP11 pour porter un coup supplémentaire au tir sportif et à toutes ces sociétés de [PAGE 1443] tir si utiles à notre armée de milice - car ce sont elles qui organisent les tirs obligatoires et en campagne -, et cela pour un enjeu financier dérisoire.

Le gros morceau, financièrement et politiquement - je pense que c'est pour cela que M. Fridez se lève maintenant -, c'est évidemment l'acquisition du nouvel avion de combat, le F-35A. La modernisation de notre flotte d'avions de combat est nécessaire. Elle devient même urgente. L'UDC ne se laisse pas abuser par ceux qui, sous couvert d'opposition à un modèle - le F-35A - et avec l'embarrassante compagnie du Groupe pour une Suisse sans armée, n'ont en réalité jamais abandonné leur objectif historique d'abolir notre armée comme telle. Malgré un vote serré, le principe de l'acquisition d'un nouvel avion a toute la légitimité démocratique voulue. En septembre 2020, le peuple savait que le choix reviendrait au Conseil fédéral.

Rien, dès lors, pas même une initiative populaire qui ne vise qu'à bloquer le système, ne s'oppose à ce que les contrats soient signés sans délai, en tout cas avant l'échéance des offres au 31 mars 2023, une fois bien sûr la décision prise par le Parlement.

C'est d'autant plus le cas que les doutes émis par le Contrôle fédéral des finances dans le domaine de la gestion des risques du programme ont pu être levés par les assurances que notre commission a obtenues des Etats-Unis. Quant au rapport de notre Commission de gestion, il est parfois accablant pour le DDPS et pour sa cheffe, mais seulement en ce qui concerne divers éléments de la procédure suivie. Par contre, il ne contient aucun élément de nature à remettre en cause la décision du Conseil fédéral.

Sous réserve de la mise hors service du F-5 Tiger, le groupe UDC soutiendra donc tous les autres points du projet, c'est-à-dire les arrêtés 1 et 3 à 5. C'est même un minimum si nous voulons garder une armée crédible, une armée que nous n'avons pas assez considérée à sa juste valeur depuis trop longtemps.