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preparatory:AB 305735

Mazzone Lisa · Ständerat · Genf · Grüne Fraktion · 2022-09-15

Wortprotokoll

C'est un véritable "spoiler" qu'on est en train de vivre. On est en train de tuer tout le suspense du "Mantelerlass", et vu que plusieurs éléments ont déjà été révélés par nos collègues Rieder et Noser, j'aimerais rappeler qu'une crise peut en cacher une autre.

La crise de l'approvisionnement énergétique cache la crise climatique. La crise climatique cache la crise de la biodiversité. On aura l'occasion d'en discuter lors du débat sur le "Mantelerlass".

De la même manière qu'une crise peut en cacher une autre, un projet de loi peut en cacher un autre. On a ici le contre-projet à l'initiative pour les glaciers. Si j'ai entendu correctement ce qui a été dit dans la salle, à part l'orthodoxie législative de notre collègue Stark, il y a non seulement une reconnaissance du besoin d'agir, mais aussi une adhésion sur le fond, de manière générale, au projet soumis. Je m'en réjouis, car il y a un besoin urgent. Ce besoin urgent se matérialise aussi par un besoin financier, en particulier quand il s'agit de remplacer des chauffages et de mettre en place une isolation. Il faut aussi remplacer les chauffages électriques. On parlait de crise de l'approvisionnement énergétique; là, il y a un intérêt de mettre à disposition une enveloppe suffisante pour récupérer les deux térawattheures qui sont grillés en hiver en raison des chauffages électriques, et on donne les moyens pour le faire. Les réponses qu'on apporte ici sont aussi cohérentes avec la situation actuelle. C'est pour cela que je me réjouis qu'on puisse avancer avec ce contre-projet. J'espère que les moyens seront suffisants pour relever les défis. [PAGE 722]

Je parlais d'un projet de loi qui en cachait un autre; l'autre projet, c'est l'offensive solaire. Je dois le souligner: c'est le fruit d'une collaboration très constructive au sein de la commission. Le solaire, c'est cette énergie qui tombe du ciel et qu'on aurait tort d'ignorer. Le potentiel en Suisse, sur les toits et les façades, selon l'Office fédéral de l'énergie, représente 67 térawattheures par an; c'est absolument gigantesque. Ce sont des hypothèses qui sont par ailleurs plutôt conservatrices. Ce potentiel qu'on a sous la main donne le vertige; on se doit de l'utiliser.

Alors, il est clair que la production du solaire baisse en hiver en plaine, puisque le niveau d'ensoleillement n'est pas le même. Mais on peut toujours compter sur un niveau résiduel de 20 pour cent environ, ce qui représente toujours plus de 10 térawattheures par an. C'est donc vertigineux. Sur les infrastructures en montagne, par exemple les murs des barrages, il y a aussi un potentiel important qu'il faut utiliser.

Trop longtemps, le solaire a été relégué et considéré comme une énergie de seconde catégorie. Je suis très heureuse que les travaux de notre commission aient permis de replacer le solaire au rang d'énergie de première catégorie. Pour la Suisse, cela annonce un tournant. Face aux pénuries qui menacent, on reconnaît qu'utiliser le potentiel du solaire sera un des piliers de notre approvisionnement en électricité.

Ce qu'on propose, ce sont deux volets. D'une part, le solaire devient la norme et plus l'exception sur les nouveaux bâtiments. C'est l'absence de solaire qui devient l'exception. Ce changement de paradigme permet justement de reconnaître tout le potentiel à disposition, y compris sur les bâtiments de la Confédération, qui devrait être évidemment exemplaire. D'autre part, le second volet, c'est le solaire alpin, qui peut apporter une contribution à l'approvisionnement en électricité en hiver.

Je considère que la proposition de la commission est équilibrée et tient sur deux jambes avec les bâtiments d'une part, l'exploitation du potentiel du solaire alpin d'autre part. On peut discuter de la forme que pourrait prendre l'apport du solaire alpin. Nous aurons l'occasion d'en discuter lorsque nous traiterons certaines propositions. C'est allé peut-être un peu rapidement en commission, on peut certainement apporter de la nuance.

Je soutiendrai, en partie en tout cas, la proposition Z'graggen. Mais ce qui est clair pour moi, c'est que, pour garder l'équilibre, on a besoin des deux jambes - j'aurai l'occasion d'y revenir: si on coupe une jambe à notre concept, l'équilibre est rompu.

Je vous invite à suivre cette logique en entrant en matière et dans la discussion par article.