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Nicolet Jacques · Nationalrat · 2022-09-20

Nicolet Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-09-20

Wortprotokoll

La biodiversité est un sujet dont tout le monde veut parler, tant chacun aimerait apporter un bout de solution à une thématique à laquelle nous sommes tous attachés. Sachez que nous, les agriculteurs, nous nous appliquons quotidiennement à cultiver et à soigner nos terres avec le plus grand respect de la biodiversité. Alors qu'il est demandé à l'agriculture de consacrer quelque 7 pour cent des surfaces de ce pays à la biodiversité, il est constaté que, de façon générale, c'est plus de 20 pour cent du territoire de notre pays qui est consacré à la biodiversité, dont quelque 165[NB]000 hectares directement par les familles paysannes, ce qui représente tout de même quelque 200 mètres carrés de surfaces de biodiversité par habitant de ce pays qui sont consacrés et entretenus par les familles paysannes. Mais, malheureusement, les prestations fournies par l'agriculture en faveur de la biodiversité sont bien trop peu connues ou reconnues par la population.

Dès lors, faire peser sur les épaules de l'agriculture la diminution de la biodiversité est une erreur - sachant que parallèlement, les surfaces à disposition de l'agriculture permettant la production de denrées alimentaires diminuent jour après jour. Plusieurs intervenants ont d'ailleurs martelé que cette initiative n'est pas contre les paysans, mais nous constatons que c'est la seule corporation qui va passer à la caisse! Depuis trente ans, nous avons perdu quelque un mètre carré par seconde de terres disponibles pour l'agriculture. Ce sont plus de 3000 hectares qui chaque année ont été perdus par nos agriculteurs qui ne peuvent plus cultiver du blé, du maïs ou des pommes de terre. Bien que ces dernières années cette perte soit ralentie à 0,6 mètre carré par seconde, c'est tout de même une perte de terres conséquente. En l'occurrence, jour après jour, c'est l'outil de travail du monde paysan qui diminue. Ce sont quelque 5 hectares qui disparaissent chaque jour.

Ces surfaces se trouvent, pour la plus grande partie, à proximité des axes principaux et des plaines où nous trouvons les meilleures terres agricoles de ce pays. Or, sachez que ces bonnes terres agricoles sont non seulement perdues pour l'agriculture, mais également pour la biodiversité, ceci au profit du béton, en permettant la construction de différentes routes, bâtiments industriels, logements ou encore infrastructures publiques, telles que des hôpitaux, écoles, établissements médico-sociaux ou encore lieux de loisir afin de répondre à l'évolution démographique de la population.

En chiffres, c'est 36 mètres carrés par minute, soit trois places de parc de voiture, vu que cette nouvelle unité de mesure est parlante notamment pour les porteurs de l'initiative sur l'élevage intensif. Nous débattons maintenant depuis plusieurs heures; imaginons que ce débat dure environ une dizaines d'heures: durant ce temps, ce sont plus de 22[NB]000 mètres carrés de terrain qui auront disparu pour l'agriculture, l'équivalent de 1800 places de parc qui seront bétonnées. Alors, chers collègues parlementaires, lorsque vous abordez la question de la biodiversité dans notre pays, n'oubliez jamais de considérer l'impact de l'humain sur les pertes de terres agricoles avant de montrer du doigt toujours et encore les familles paysannes qui travaillent au quotidien pour vous fournir une nourriture de qualité.

Tant l'initiative que le contre-projet indirect ne vont conduire qu'à un affaiblissement de la production alimentaire indigène avec de nouvelles pertes de surfaces de bonnes terres agricoles. L'impact se mesurera également dans le secteur agroalimentaire de proximité qui se verra privé d'une part de ses activités au profit des denrées alimentaires importées.

Je vous invite donc à recommander le rejet de l'initiative et à rejeter le contre-projet indirect.