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Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2022-09-20

Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-09-20

Wortprotokoll

Développement durable, réchauffement climatique et biodiversité; ces trois objets font couler beaucoup d'encre depuis quelques années. On doit comprendre qu'ils sont étroitement liés entre eux, en particulier le réchauffement climatique et la biodiversité. En effet, certains oublient que la biodiversité est étroitement liée au réchauffement climatique. Par exemple, en raison du réchauffement climatique dans notre pays, certaines espèces d'insectes migrent vers des contrées moins tempérées, d'autres arrivent chez nous, comme le moustique tigre. L'agriculture suisse subit le réchauffement climatique et devra s'adapter, tout en conservant la meilleure biodiversité possible. Nos forêts et les 7 pour cent de terres cultivables mises en biodiversité sont les meilleurs garants de cela; ils sont suffisants. En demander encore plus à notre agriculture, comme les 3,5 pour cent supplémentaires proposés par le Conseil fédéral, entre en conflit direct avec notre sécurité alimentaire. Il faut donc améliorer les 7 pour cent déjà en place au lieu d'en demander encore plus.

L'initiative biodiversité propose une vision unilatérale, sans tenir compte de la production agricole, qui doit être encouragée en cette période de pénurie alimentaire que nous allons vivre ces prochaines années. Les terres agricoles de notre pays sont de plus en plus occupées par diverses infrastructures: routes, bâtiments. Même si on est passé de la perte de 1 mètre carré par seconde à 0,7 mètre carré par seconde, cela représente tout de même plus de 2200 hectares par année, soit une perte nette de biodiversité, ainsi que de production.

Posons-nous d'abord la question du bétonnage de notre territoire avant d'en demander encore plus à l'agriculture qui a le rôle impératif de nourrir trois fois par jour notre population. La mise en oeuvre de cette initiative générerait d'importants conflits d'objectifs avec les politiques énergétique et agricole.

Le contre-projet indirect, qui propose d'ajouter au pourcentage de surfaces protégées actuel encore 3,5 pour cent, et j'en passe, à partir de 2030, est aussi une atteinte directe à notre sécurité alimentaire. Les cantons ont déjà pris conscience des problèmes concernant la biodiversité en favorisant les surfaces dédiées à la préservation de la biodiversité déjà existantes. N'oublions pas que, pour les agriculteurs, avant d'en créer de nouvelles, il faut déjà améliorer celles qui sont déjà en place. Ne transformons pas encore plus les agriculteurs en jardiniers du paysage au lieu de favoriser leur travail de production.

La biodiversité actuelle, comme je l'ai dit, doit être maintenue et améliorée sur les 7 pour cent de surfaces protégées existantes. Il ne faut pas en demander encore plus, car notre taux d'auto-approvisionnement en pâtirait. Un exemple: sur les 400[NB]000 hectares de terres assolées de notre pays, 3,5 pour cent supplémentaires dédiées à la protection de la biodiversité représenteraient environ 14[NB]000 hectares perdus pour la production de denrées alimentaires sur la totalité des terres assolées, soit une diminution de 80[NB]000 à 100[NB]000 tonnes de céréales de tout genre par année. Peut-on se le permettre pour les années futures? Je ne le pense pas. Ne faisons pas la même erreur qu'avec l'énergie en 2018.

Pour les différentes raisons que je viens d'évoquer, je vous propose de recommander le rejet de cette initiative et de ne pas entrer en matière sur le contre-projet indirect.

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