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Clivaz Christophe · Nationalrat · 2022-09-26

Clivaz Christophe · Nationalrat · Wallis · Grüne Fraktion · 2022-09-26

Wortprotokoll

Nous passons donc à l'article 71a. Ma minorité propose que les grandes installations photovoltaïques soient réalisées à proximité d'infrastructures existantes. Par "infrastructures existantes", je pense notamment aux infrastructures énergétiques comme les barrages, aux infrastructures routières comme les cols alpins, ou aux infrastructures des domaines skiables comme les pylônes, les canons à neige ou les bâtiments d'arrivée des remontées mécaniques. Par "à proximité", j'entends - pour donner un ordre de grandeur - une distance de l'ordre du kilomètre, un ordre de grandeur que le Conseil fédéral pourra ajuster après plus ample analyse, pour autant bien sûr que vous suiviez ma minorité.

Je vois au moins trois raisons de soutenir ma proposition. Premièrement, le paysage et la biodiversité alpine ont déjà été particulièrement impactés au nom de l'approvisionnement énergétique du pays. Des vallées entières ont été noyées lors de la construction des barrages. Si l'on ajoute le fort développement lié aux domaines skiables, il n'existe aujourd'hui plus beaucoup d'espaces sauvages préservés de grosses infrastructures, et il serait dommage de les sacrifier pour y installer de grandes centrales solaires dont l'impact sur la nature est plus important qu'une analyse superficielle peut laisser penser. Il faudra en effet aménager des voies d'accès, terrestres ou aériennes, ainsi que réaliser des travaux, pour connecter ces centrales au réseau électrique existant. De plus, il faudra fixer chaque structure portant les panneaux dans le sol à l'aide de pieux. Pour Gondosolar, on parle de 4500 structures et, au total, de 9000 pieux qui devront être enfoncés et ancrés dans le sol avec du béton. Pour le projet de Grengiols, ce seraient des centaines de milliers de pieux, sans compter, dans ce cas, une ligne à très haute tension, bref, une atteinte au paysage et à la nature importante, que l'on peut éviter en installant ces centrales solaires à proximité d'infrastructures existantes.

Deuxièmement, comme je viens de le mentionner, un projet comme celui de Grengiols nécessiterait la construction d'une ligne à très haute tension sur près de 8 kilomètres pour transporter le courant produit. Autant dire que ce n'est pas pour 2025. Construire à proximité d'infrastructures existantes serait nettement plus rapide. A titre personnel, le caractère urgent de la loi sur laquelle nous planchons est loin d'être démontré. Mais si vous considérez que c'est le cas, alors au moins optez pour une solution qui puisse amener une production rapidement, soit à proximité des infrastructures existantes.

Troisièmement, le coût de revient du kilowattheure produit en haute altitude, loin de toute infrastructure, est particulièrement élevé, plus que sur les infrastructures existantes. Ce n'est pas étonnant, car les travaux en haute altitude sont compliqués, doivent se concentrer sur une courte période, en été lorsque la météo le permet, et aussi parce qu'il faut construire une ligne permettant de transporter le courant qui sera produit. Là où il y a déjà des infrastructures, ces travaux pourront être réalisés plus facilement, et le raccordement au réseau est souvent déjà en partie existant. C'est le cas par exemple à proximité des domaines skiables. Dès lors, la [PAGE 1707] Confédération devrait focaliser ses subventionnements aux grandes installations photovoltaïques là où le kilowattheure est le meilleur marché, pas là où il est le plus cher.

Chères et chers collègues, je vous remercie de soutenir ma minorité. Si ce n'est pas pour des raisons de protection du paysage et de la biodiversité, faites-le au moins pour des raisons d'économie et de rapidité de réalisation que je vous ai exposées.