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de Montmollin Simone · Nationalrat · 2022-09-29

de Montmollin Simone · Nationalrat · Genf · FDP-Liberale Fraktion · 2022-09-29

Wortprotokoll

Je m'exprime ici en tant que rapporteuse de langue française de la commission. Je vous informe également que j'ai présidé la Commission de la transformation numérique durant la Session des femmes, à l'origine de la pétition 21.2039 de laquelle s'inspire le postulat que nous vous proposons aujourd'hui. Ce dernier a été adopté par la majorité de la commission, après qu'elle a procédé le 29 avril dernier à l'audition d'experts représentant la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l'instruction publique, l'Académie suisse des sciences,[NB]Swissuniversities, Swiss Science Center Technorama et Innovationsgesellschaft. Ces auditions ont permis à la commission d'être informée sur les programmes et les initiatives visant à encourager les disciplines Mint, en particulier auprès des jeunes filles et jeunes femmes dans les cantons, à l'école et aussi dans les loisirs.

La majorité de notre commission a adopté ce postulat lors de sa séance du 30 juin dernier, suite au constat qu'il existe encore aujourd'hui une grande disparité quant à la proportion de femmes dans les professions relevant des sciences informatiques et techniques, où elles ne représentent toujours que 17 et 20 pour cent, alors qu'il existe pourtant de nombreux projets au niveau des cantons et des hautes écoles pour sensibiliser les jeunes filles et les jeunes femmes à ces professions. Entre 2011 et 2020, ces efforts ont permis d'augmenter légèrement la proportion de femmes qui obtiennent un diplôme d'une haute école dans les professions Mint, à hauteur de 3 pour cent, et de celles qui suivent une formation continue à hauteur de 8 pour cent. La Suisse reste malgré tout avant-dernière au classement de l'OCDE de 2017; elle reste très en arrière sur le plan de la représentation équilibrée des femmes dans ces professions.

Les raisons en sont multiples: elles sont certainement culturelles, mais elles sont également dues à un système assez éclaté entre les différents acteurs et niveaux d'intervention.

Que faire pour améliorer la situation? Les personnes entendues soulignent l'importance d'une vision globale et coordonnée à l'échelle nationale, qui ferait défaut aujourd'hui.

Des idées nouvelles et innovantes doivent émerger afin que l'intérêt pour le domaine Mint soit éveillé dès les premières années de la scolarité et dans les filières d'apprentissage, comme c'est désormais le cas dans les hautes écoles; pour que les enseignants et les services d'orientation professionnelle, universitaire et de carrière puissent également jouer un rôle plus déterminant; et, enfin, pour que les jeunes femmes diplômées restent actives dans ces domaines une fois en entreprise.

Ce postulat souhaite donc voir émerger une vision globale. Il demande un examen approfondi, en collaboration avec les cantons, de la situation actuelle pour tirer parti des meilleures pratiques et prévoir des mesures appropriées pour l'avenir. Pourquoi est-ce important? La problématique du déficit de femmes dans les professions Mint touche l'entier de l'économie. Elle ne se résume pas à la question de la promotion des genres. La pénurie de main-d'oeuvre dans les domaines Mint est déjà actuelle en Suisse dans les secteurs techniques et informatiques. On estime en effet que plus de 40[NB]000 spécialistes manqueront dans ces secteurs en 2026. Cette situation est problématique pour l'avenir de la Suisse, en tant que pôle économique et d'innovation. Pour parvenir à corriger ce manque et maintenir notre compétitivité, notre pays a besoin d'actions concrètes pour augmenter les effectifs globaux. Un des leviers est d'augmenter significativement la part des femmes, qui ne forment actuellement que 18 pour cent des effectifs dans ces métiers, et viser une participation plus équilibrée dans les professions techniques et informatiques pour assurer durablement notre prospérité.

C'est la raison pour laquelle la majorité de notre commission estime qu'un effort supplémentaire doit être fait dans ce domaine et recommande d'accepter ce postulat, qui permettra également d'évaluer l'opportunité de créer un service national d'expertise qui aurait une vision coordonnée et globale dans ce domaine.

Une minorité de la commission propose de refuser ce postulat, soit parce qu'elle estime qu'il n'apportera pas les réponses escomptées, soit parce que celui-ci est compris comme une manière d'intégrer des quotas, ce qui n'est évidemment pas l'objectif de la commission.

Pour toutes ces raisons, la commission vous recommande d'accepter ce postulat.