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Kamerzin Sidney · Nationalrat · 2022-09-29

Kamerzin Sidney · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2022-09-29

Wortprotokoll

Depuis plusieurs années, la viticulture suisse est sous pression. Tout d'abord, la crise du Covid-19 a entraîné une diminution de la consommation de 6 pour cent environ. L'année passée, le gel au printemps et le mildiou en été ont entraîné une diminution de la production jusqu'à 50 pour cent dans certaines régions de Suisse romande. Enfin, il y a la concurrence des vins étrangers, qui inondent le marché suisse.

Cette concurrence n'est pas toujours loyale. Lorsqu'elle se fait dans des conditions loyales, elle est souhaitable et elle débouche aussi sur une amélioration de la qualité des vins suisses. Mais lorsqu'elle se fait dans des conditions qui ne sont pas loyales, il y a lieu de procéder à des aménagements.

Pourquoi cette concurrence est-elle déloyale? Il y a tout d'abord la promotion des vins italiens, qui est de l'ordre de 18 millions d'euros pour la seule promotion de ces vins en Suisse. En comparaison, la promotion des vins suisses de manière générale bénéficie de 3 millions de francs. Ensuite, on le sait, les conditions environnementales, les conditions sociales et les conditions salariales sont tout à fait différentes à l'étranger, ce qui entraîne l'arrivée massive de vins très bon marché qui concurrencent les vins suisses, les viticulteurs suisses qui depuis plusieurs années font un travail de très grande qualité et contribuent aussi à l'image des produits agricoles, viticoles et autres de la Suisse à l'étranger.

Que faire? Cela a été décidé à la session d'été - et c'est une bonne chose -, les moyens alloués à la promotion des vins suisses vont tripler: de l'ordre de 3 millions actuellement, ils vont passer à 9 millions de francs. C'est un élément. Permettre aussi, pour lutter contre les événements climatiques et météorologiques, la constitution d'une réserve climatique pour les producteurs: c'est également une très bonne piste qui est développée au niveau fédéral.

Mais il y a aussi la question du contingent tarifaire, ce contingent pour lequel, depuis des années, on n'arrive pas à trouver de solution à cette incohérence qui veut que les vins mousseux, ces 23 millions de litres importés par année, ne sont tout simplement pas comptabilisés dans le contingent. En les comptabilisant, on dépasserait les 170 millions du contingent pour arriver à 182 millions de litres environ, soit 12 millions de litres importés qui seraient soumis au contingentement, et donc à des restrictions tarifaires. Cela contribuerait à une concurrence plus loyale, plus équitable, avec les vins suisses.

Le but de cette motion est bien évidemment qu'à l'apéro, plutôt que de choisir un prosecco, on puisse choisir un fendant, [PAGE 1847] on puisse choisir, Monsieur le conseiller fédéral, un Dézaley, un Vully fribourgeois, un pinot genevois, un riesling-sylvaner thurgovien ou grison, ou un merlot bianco du Tessin.

Je vous invite à soutenir ma motion. J'ai bien lu la prise de position de Gastrosuisse et l'avis du Conseil fédéral qui nous dit qu'aujourd'hui, la stratégie au niveau fédéral, c'est la promotion. La question que je vous adresse, Monsieur le conseiller fédéral, vous qui êtes issu de la branche, en filigrane de cette motion, c'est: cette promotion et les moyens supplémentaires seront-ils suffisants pour soulager les producteurs, pour avoir une concurrence efficace, acceptable pour nos viticulteurs, nos producteurs de raisin en Suisse, ou faut-il aller plus loin, comme cela est demandé depuis des années, en intégrant, grâce à cette motion, au contingentement les produits de la vigne, le raisin, qui y échappent aujourd'hui, ce qui soulagerait les viticulteurs de ce pays?