Sommaruga Carlo · Ständerat · 2022-11-28
Sommaruga Carlo · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-11-28
Wortprotokoll
Je prends la parole parce que j'ai été un peu surpris par les propos de notre collègue Damian Müller relatifs à la compensation. Notre Constitution, à l'article 54 alinéa 2, nous rappelle les objectifs de politique extérieure. La politique extérieure doit notamment contribuer à soulager les populations dans le besoin, à lutter contre la pauvreté ainsi qu'à promouvoir le respect des droits de l'homme, la démocratie, la coexistence pacifique des peuples et la préservation des ressources naturelles. Il ne s'agit pas d'objectifs alternatifs, il s'agit d'objectifs qui doivent être [PAGE 1065] menés ensemble. Il y a donc lieu d'allouer les moyens financiers suffisants pour atteindre ces objectifs.
Le crédit-cadre en faveur de l'environnement mondial que nous avons à traiter aujourd'hui vise essentiellement des projets de protection du climat. Ce sont en fait des moyens qui servent à un investissement essentiel pour la protection de notre planète.
L'aide au développement vient en appui à des politiques publiques ou à des projets qui concernent la lutte contre la pauvreté et la promotion de la santé ou encore qui renforcent la formation. Ce sont donc des objectifs parallèles et auxquels la Suisse - en tant que vingtième pays le plus riche de la planète - doit contribuer selon les objectifs financiers qui ont été fixés. Cela a été rappelé tout à l'heure par notre collègue Daniel Fässler et aussi par notre collègue Adèle Thorens Goumaz, la contribution de la Suisse à ce crédit-cadre est fonction des autres engagements pris par notre pays. Il s'agit d'une approche proportionnelle.
En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté et la coopération au développement, je vous rappelle que la Suisse a pris des engagements au niveau international qu'il s'agit de respecter.
Dans ce contexte, je pense qu'il y a lieu aujourd'hui de suivre la minorité, dans l'objectif non seulement de renforcer notre politique extérieure, et surtout de préserver notre image, mais aussi d'éviter à terme de faire des compensations qui finalement seraient aussi nuisibles à notre politique extérieure si elles devaient se faire au détriment de l'aide au développement et de la lutte contre la pauvreté.