Weber Céline · Nationalrat · 2022-12-12
Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2022-12-12
Wortprotokoll
Dans sa séance des 27 et 28 octobre derniers, votre Commission de la science, de l'éducation et de la culture s'est réunie pour parler de football. Mais alors que la Coupe du monde de football masculin touche à sa fin, avec son lot d'émotions et de réactions, de notre côté, nous avons abordé le football féminin et plus précisément le Championnat européen de football féminin pour vous proposer de faire une déclaration en vue de l'Euro de football féminin qui se tiendra en 2025.
Les plus avertis d'entre vous savent en effet que ce championnat se tiendra donc en 2025 et surtout, que l'UEFA désignera au printemps 2023 le pays organisateur de ce championnat. Or, en octobre dernier, un jour après la qualification de l'équipe féminine suisse de football pour la coupe du monde, l'Association suisse de football a déposé la candidature de la Suisse pour accueillir la plus grande manifestation sportive féminine d'Europe en 2025. Si la Suisse devait être désignée comme hôte de la manifestation, les matchs auraient lieu dans huit villes du pays, à savoir Genève et Sion pour la Suisse romande, ainsi que Berne, Thoune, Lucerne, Zurich, Saint-Gall et Bâle pour la Suisse alémanique. A ce jour, les villes et les cantons ont décidé de crédits d'engagement et d'aides financières d'un montant conséquent pour le cas où la Suisse était choisie.
Par la présente déclaration, votre commission a souhaité exprimé clairement le soutien de la politique nationale à ce projet. La réalisation de la plus grande manifestation sportive féminine d'Europe est, pour la Suisse, une chance formidable de se présenter au continent, voire au monde. A titre d'information, le championnat européen qui s'est déroulé en 2022 en Angleterre a été suivi par quelque 365 millions de téléspectateurs, dont environ 50 millions rien que pour la finale. Avec ses infrastructures performantes, à savoir des stades et des hôtels déjà construits, des distances réduites entre les stades et un réseau de transports performant, la Suisse pourrait ainsi être l'hôte sportive, sympathique et compétente d'un tournoi classé sous le signe du développement durable.
En outre, le pouvoir de ce genre de manifestation à promouvoir du lien social et à donner, notamment aux jeunes, l'envie de faire du sport n'est plus à démontrer. Or, ces deux éléments, lien social et pratique du sport, sont ô combien importants pour notre société.
Enfin, si pour certains commissaires, le soutien à cette manifestation serait aussi un vecteur festif de promotion de l'égalité hommes-femmes, pour d'autres, cette composante était moins importante, dès lors que le sport est reconnu pour être un vecteur d'unité qui va au-delà de la simple considération de genre.
Une manifestation sportive de cette ampleur, c'est également une incroyable fête populaire. Qui ne se souvient pas de la liesse populaire qu'avait engendrée un certain match Pays-Bas-France à Berne lors de l'Euro 2008? A l'époque, les autorités avaient estimé que 150[NB]000 supporters avaient envahi la ville de Berne, dont 60[NB]000 Hollandais, tout d'orange vêtus. Cette vague orange est restée dans les mémoires, et d'aucuns se réjouiraient de voir déferler de nouvelles vagues de ce type sur la Suisse - une vague rouge et blanche bien sûr, mais aussi d'autres couleurs - et de pouvoir vibrer au rythme des matchs.
Une petite minorité de votre commission a considéré qu'une déclaration de soutien n'avait pas lieu d'être, dès lors que les arguments invoqués - c'est-à-dire le lien social, l'importance du sport et l'égalité hommes-femmes - n'étaient pas propres à l'Euro de football féminin, et qu'il ne s'agissait ici que de politique de symboles.
A une large majorité cependant, par 20 voix contre 2 et aucune abstention, votre commission a décidé de soutenir cette déclaration. Le sport unit les gens de tous horizons. Unissons-nous à notre tour au sport, grâce à l'Euro de foot féminin.