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Clivaz Christophe · Nationalrat · 2022-12-14

Clivaz Christophe · Nationalrat · Wallis · Grüne Fraktion · 2022-12-14

Wortprotokoll

Selon la Constitution, l'AVS est censée aujourd'hui garantir le minimum vital des personnes à la retraite. On sait toutes et tous que, dans la réalité, ce n'est pas vraiment le cas. Environ 200[NB]000 personnes âgées vivent aujourd'hui en Suisse avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Parmi elles, 46[NB]000 se trouvent dans une situation dite de pauvreté sans issue, c'est-à-dire qu'elles ont une fortune totale inférieure à 30[NB]000 francs et qu'elles ne sont pas propriétaires de leur logement. Comment, dans ces conditions, vivre avec seulement la rente AVS?

Au total, ce sont près de 300[NB]000 retraités qui sont touchés ou qui sont menacés par la précarité, soit 20 pour cent des personnes à la retraite. A cela s'ajoutent de grandes disparités entre les groupes sociaux, la pauvreté chez les personnes âgées étant en effet plus marquée, chez les femmes, les personnes avec un faible niveau de formation, les personnes veuves ou divorcées, celles vivant dans une commune rurale, ou encore les personnes n'ayant pas la nationalité suisse.

Ces 300[NB]000 personnes ne sont pas que des numéros. Vous en connaissez certainement dans votre entourage. Des personnes qui doivent se serrer la ceinture pour passer les fins de mois. Cette précarité, dans un pays aussi riche que la Suisse, n'est pas acceptable et démontre les failles actuelles de notre système de retraite. Afin de rétablir un minimum de solidarité dans ce système, l'initiative pour une treizième rente AVS propose une solution simple: améliorer les rentes du premier pilier qui bénéficieront en particulier aux personnes qui n'ont pas ou peu cotisé au deuxième pilier durant leur vie active et qui n'ont pas eu les ressources nécessaires pour se créer un troisième pilier. Il s'agit notamment des personnes ayant eu une activité professionnelle à temps partiel ou interrompue.

Cette initiative favoriserait en particulier les femmes. Il faut le rappeler: un tiers des femmes ne reçoivent pas de prestations du deuxième pilier, et lorsqu'elles en perçoivent, elles ont une rente inférieure de moitié en moyenne à celle des hommes.

Pour justifier le fait de ne pas augmenter les rentes AVS malgré les chiffres inquiétants concernant la pauvreté des personnes âgées, une partie des membres du Parlement prétend que les finances de l'AVS et de la Confédération ne permettraient pas de payer la treizième rente voulue par les auteurs de l'initiative. Certes, c'est vrai, il faudra une somme supplémentaire pour financer une treizième rente. On pourrait le faire par exemple en augmentant les cotisations salariales, le taux de la TVA ou le crédit inscrit au budget ordinaire. C'est finalement un choix politique.

Ce qui est sûr, c'est que le renforcement de l'AVS reste la meilleure réponse au niveau de notre système de retraite, car ce n'est qu'avec l'AVS que la majorité de la population touchera une rente plus élevée par rapport aux cotisations versées dans la prévoyance en vue de la retraite. Dans le deuxième ou le troisième pilier, une part trop importante des cotisations versées profite aux assureurs qui gèrent les caisses, cela au détriment de la population.

L'initiative pour une treizième rente AVS nous pose une question simple: est-il acceptable qu'en Suisse, en 2022, une personne à la retraite sur cinq vive dans la précarité? Si, comme moi, vous répondez non, alors je vous invite à soutenir cette initiative.