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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2023-03-08

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2023-03-08

Wortprotokoll

La PA22+, en matière de progrès, c'est moins que rien. Alors comme le disait Raymond Devos: moins que rien, c'est toujours mieux que rien. C'est pour cela que nous soutiendrons, quand même, cette réforme dans l'absolu. Toutefois, nous soutiendrons surtout aussi toutes les minorités.

Nous avons dû faire face dans les discussions sur cette politique agricole à un débat incompréhensible. L'alliance impie qui a été formée entre les mégaexploitations agricoles, l'agrobusiness, les superdistributeurs et les multinationales est incompréhensible du point de vue des intérêts des petits paysans et de la population de notre pays. Il est incompréhensible qu'au lieu de défendre les gens qui luttent pour faire vivre leur exploitation agricole, qui luttent pour vivre de leur métier, nous en soyons à défendre les marges des grands distributeurs et les entreprises productrices, qui s'enrichissent de plus en plus sur le dos des petits exploitants. Cette politique agricole ne fait rien contre cela. Elle ne fait rien non plus contre les problématiques à long terme qui concernent le domaine.

Si nous voulons lutter pour la biodiversité, si nous voulons lutter contre le changement climatique, ce n'est pas juste par principe, mais c'est aussi parce que c'est bien pour l'agriculture. C'est aussi parce qu'il est important que le secteur agricole soit résilient et que nos terres puissent continuer à permettre aux gens qui travaillent dans ce domaine de vivre de leur travail.

Cette alliance de l'UDC et des milieux du business contre l'agriculture est donc pour nous incompréhensible. En effet, depuis des temps immémoriaux, les majorités qui contrôlent la politique dans ce Parlement sont toujours les mêmes. Ce sont les mêmes qui décident de la politique agricole depuis vingt, trente, quarante ans. Est-ce que vraiment, aujourd'hui, il est plus facile d'être petit paysan qu'hier? Est-ce qu'avec cette majorité et ses décisions constantes, quelque chose s'est amélioré dans la vie des agriculteurs? A écouter les débats en commission, je peux vous dire que non. C'est toujours difficile. Les personnes arrêtent toujours de travailler dans ce domaine parce que c'est dur, et nous pourrions faire mieux.

Le groupe socialiste a pour ambition que la politique agricole permette aux gens de bien vivre de leur métier, avec des conditions de travail décentes, et de vivre en phase avec les objectifs de demain, notamment en matière de gestion de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique.

La qualité de vie des gens, et particulièrement de ceux qui travaillent la terre, tient à coeur à notre population. Nous devons aujourd'hui faire quelque chose pour cela. La réalité, nous ne faisons rien pour l'écologie, ni suffisamment pour les paysans. Par contre, nous continuons à mener une politique qui soutient systématiquement les mêmes acteurs qui engrangent chaque année des profits massifs. Je ne parle pas des grosses exploitations agricoles évidemment, je ne parle pas de Nestlé, mais des petits paysans qui ont beaucoup de difficulté et qui, eux, avec toute la politique qui est menée, n'ont jamais rien gagné après les débats que nous avons eus au Parlement. J'espère qu'un jour nous pourrons changer cela et avoir l'assurance que le monde paysan et les gens qui souhaitent rendre le monde paysan durable travailleront la main dans la main et lutteront contre les acteurs qui captent les marges, la valeur ajoutée créée par les gens qui travaillent la terre dans notre pays.

Pourtant, ce projet de loi, de politique agricole est largement insuffisant en ce qui concerne ces objectifs. Par exemple, [PAGE 310] il ne comporte pas d'objectifs de politique climatique suffisants, qui permettraient de remplir nos engagements internationaux. Les conséquences à long terme de notre politique agricole ne sont pas prises en compte. Lorsqu'on y parle d'orientation des comportements, notamment au travers des paiements directs, on ne mentionne pas d'incitations à adopter des comportements positifs pour l'environnement. Il devient de moins en moins rentable pour les paysans d'avoir des activités qui favorisent le bien commun, à part évidemment la production alimentaire, qui est elle aussi, de moins en moins rentable.

Rien n'est mentionné dans le projet au sujet du bien-être animal, ce qui aujourd'hui, en fonction des soucis de la population, est tout à fait incompréhensible. Bien sûr, la population continue à soutenir le monde paysan, et c'est très bien, car elle a confiance dans nos agriculteurs. Elle aime les gens qui travaillent notre terre. Mais il y aura de plus en plus de conflits si nous ne parvenons jamais à prendre des décisions pour que la politique agricole permette de résoudre les défis de demain.

Notamment, par exemple, en introduisant des droits de douane qui tiennent compte de la question de la durabilité. Ou aussi, en permettant aux organisations de défense de l'environnement ou de la population d'être partie prenante, par exemple, dans les processus de validation et d'homologation des produits phytosanitaires. L'exclusion de la participation aux recours et aux procédures d'homologation est, pour nous, totalement incompréhensible.

Bien sûr, nous accepterons cette politique agricole et nous nous battrons pour qu'elle soit meilleure en soutenant toutes les propositions de minorité. Mais j'aimerais le dire clairement: nous pouvons faire beaucoup mieux en matière de politique agricole. Notre pays et notre industrie en ont les moyens.