Roduit Benjamin · Nationalrat · 2023-03-17
Roduit Benjamin · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2023-03-17
Wortprotokoll
L'instant est crucial. Nous avons rendez-vous avec l'histoire. A l'heure où la France voisine s'enlise dans la confrontation et le chaos d'une réforme des retraites imposée par son gouvernement, nous sommes sur le point, de manière absolument démocratique et après 2 ans de débats, de présenter aux citoyennes et citoyens de notre pays un projet qui tient la route.
Vous le savez très bien, ce sur quoi nous allons voter dans quelques instants, c'est un compromis. Par définition, un compromis déçoit toujours ceux qui en veulent plus, et ceux qui estiment qu'on en fait trop. Or, c'est la force de notre système politique suisse que de privilégier en tout temps le consensus au lieu de la polarisation, les discussions à la place des manifestations, les propositions constructives au lieu des menaces.
Sur le plan de la prévoyance professionnelle, le groupe du Centre s'est ainsi dès le début engagé à chercher une solution équilibrée et adaptée aux générations futures. Nous l'avons fait avec succès pour le projet AVS 21, et nous continuons aujourd'hui avec une réforme du deuxième pilier qui tient ses promesses.
Quelles promesses me direz-vous? Pour rappel, en voici trois à réutiliser auprès des médias et dans le cadre de la votation populaire qui est annoncée.
Premièrement, nous avons promis d'améliorer l'épargne pour les femmes. C'est fait. Les personnes à bas revenus, les travailleurs à temps partiel et à emplois multiples pourront désormais s'assurer une rente dans le deuxième pilier, et cela grâce à l'abaissement du seuil d'entrée et la nouvelle déduction de coordination. Ceux qui préfèrent le statu quo se débrouilleront pour expliquer aux femmes pourquoi on leur refuse cette amélioration.
Deuxièmement, nous avons promis de garantir les rentes pour les générations futures. C'est fait. La baisse du taux de conversion est un élément essentiel pour rétablir l'équité entre les générations. Ceux qui ne veulent rien faire tenteront d'expliquer aux jeunes pourquoi on veut les étrangler en leur faisant porter seuls la charge d'une démographie toujours plus vieillissante.
Troisièmement, nous avons promis des mesures de compensation équitables et ciblées pour la génération transitoire. C'est fait. Grâce au supplément de rente accordé au 50 pour cent des personnes qui en ont réellement besoin, notre réforme est responsable et socialement juste. Ceux qui regrettent le projet du Conseil fédéral tenteront d'expliquer à la population pourquoi, en période de crise, l'on s'apprête à arroser les plus hauts revenus en dépensant plus.
En conclusion, le parti socialiste se trompe de combat. La réforme de la LPP n'est pas et n'a jamais été une promesse de régler le problème actuel du pouvoir d'achat. Notre promesse est au contraire d'assurer à long terme une retraite plus digne aux personnes qui n'ont pas accès, plus tard, à la prévoyance professionnelle.
En menaçant d'un référendum avant même la fin des débats, le parti socialiste a créé une situation de blocage. Notre rôle, au contraire, est d'assumer notre responsabilité de Parlement, et de présenter à la population un projet qui s'accompagne de réels progrès.
Enfin, le parti socialiste espère s'appuyer sur l'opposition des secteurs comme l'artisanat, la restauration ou la [PAGE 656] paysannerie, qui jusqu'ici n'ont guère compté à ses yeux. Nous nous sommes efforcés au contraire, jusqu'aux derniers instants, d'atténuer les charges générées par la réforme sur les branches concernées, et nous continuerons à les soutenir.
Vous l'avez compris: nous voulons cette réforme. Nous sommes prêts à faire ce pas, et nous voulons que le peuple puisse décider.