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Berset Alain · Bundesrat · 2023-06-06

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2023-06-06

Wortprotokoll

J'ai un rôle un peu difficile, maintenant, parce que je dois vous proposer de rejeter une motion, alors que l'objectif global est complètement partagé par le Conseil fédéral; c'est une évidence, et nous le disons d'ailleurs depuis longtemps, que le cancer est l'un des grands défis de santé publique.

Entre 2015 et 2019, le nombre de diagnostics s'est élevé en moyenne à près de 45[NB]000 par année, c'est donc extrêmement important. Le cancer représente, avec les maladies cardiovasculaires, la cause de décès la plus fréquente en Suisse; cela risque d'augmenter encore avec le temps, parce qu'avec l'augmentation de l'espérance de vie ces risques deviennent aussi de plus en plus élevés.

Malgré cela, je vous propose de rejeter la motion - elle a été acceptée par votre commission à l'unanimité, je ne me fais donc pas de grandes illusions -, parce que, aujourd'hui, nous devons améliorer ce qui marche et ne pas vouloir changer ce qui fonctionne.

Il y a déjà eu une stratégie contre le cancer: la Stratégie nationale contre le cancer 2014-2020 réalisée avec les cantons. L'objectif était alors clair: il s'agissait d'améliorer la lutte contre la maladie, d'améliorer la prévention, de le faire en s'appuyant sur la participation d'organisations et d'experts. Cela a été réalisé entre 2014 et 2017. Ensuite, en 2017, le dialogue "Politique nationale de la santé" a prolongé une fois cette stratégie; suite à cela, il a été décidé, parce que des progrès avaient été réalisés, de ne pas poursuivre cette stratégie après 2020, mais de l'intégrer à d'autres stratégies existantes. On est plutôt dans une question d'organisation que de fond. La stratégie nationale "Prévention des maladies non transmissibles" - le cancer est la principale maladie non transmissible que nous connaissons - a donc pris le relais pour les aspects relatifs à la prévention. Un autre élément qui a été réalisé dans l'intervalle et qui a représenté aussi un progrès important, c'est l'entrée en vigueur de la loi fédérale sur l'enregistrement des maladies oncologiques; cela a été une étape très importante pour améliorer la situation en matière de données. On peut avec cela améliorer la prévention, le dépistage précoce et également les soins.

Avec les stratégies 2014-2017 et 2017-2020, nous étions d'avis que le dialogue "Politique nationale de la santé" avait, avec ses travaux, ouvert la voie pour que les acteurs concernés puissent agir selon leurs compétences de manière appropriée. Oncosuisse était déjà l'acteur principal qui mettait en oeuvre la stratégie nationale contre le cancer. Oncosuisse Forum, qui est le projet principal d'Oncosuisse, a par la suite repris la mission d'assurer la coordination des projets et activités pertinentes entre les acteurs. On doit donc partir aujourd'hui de l'idée que cela fonctionne bien, que les impulsions ont été données au bon moment, mais que la lutte contre le cancer est vraiment une tâche qui, maintenant que cela est bien organisé, doit être réalisée par les principaux acteurs du terrain.

Une coordination est nécessaire, c'est le cas: elle est assurée par les parties concernées auxquelles elle incombe. Tous les travaux réalisés par les cantons et la Confédération, entre 2014 et 2020, ont justement permis d'atteindre cet état, qui est favorable, sur lequel nous pouvons maintenant construire et continuer à travailler. Nous estimons donc que, bien que la lutte contre le cancer reste un immense enjeu de santé publique, il n'y a pas de besoins particuliers de coordination au niveau politique, hormis tout ce que j'ai mentionné auparavant.

C'est la raison pour laquelle cette motion ne nous paraît pas nécessaire aujourd'hui, et que nous proposons de la rejeter.