Clivaz Christophe · Nationalrat · 2023-06-13
Clivaz Christophe · Nationalrat · Wallis · Grüne Fraktion · 2023-06-13
Wortprotokoll
Les conséquences sanitaires de l'utilisation de produits phytosanitaires font l'objet de plus en plus de recherches dans le monde.
Alors que de nombreuses études ont mis en évidence un lien entre certaines maladies neurologiques et oncologiques et l'utilisation de ces produits phytosanitaires chez les agriculteurs, plusieurs pays européens ont adapté leur législation en conséquence. Ainsi, en France, contrairement à la Suisse, la maladie de Parkinson et certains cancers sont reconnus comme une maladie professionnelle.
La santé des riverains exposés aux produits phytosanitaires peut elle aussi être impactée. En septembre 2020, le journal "Le Nouvelliste" a mené une enquête avec un appel à témoin pour les riverains de vignes en Valais. Les nombreux témoignages recueillis confirment les doutes épidémiologiques relatifs à l'exposition phytosanitaire, relayés notamment par les experts médicaux interrogés, avec de nombreux problèmes respiratoires comme l'asthme, les rhinites, les sinusites, etc., problèmes exacerbés en durée, en fréquence et/ou en intensité parmi les témoins.
Ainsi, le canton du Valais a décidé de mandater une étude auprès du Swiss Tropical and Public Health Institute pour mesurer l'impact de l'exposition aux produits phytosanitaires pour les enfants vivant à proximité des vignobles; les résultats sont attendus à la mi-2024.
Au niveau national, il est à noter les efforts récents pour l'établissement d'une base de données nationale de l'utilisation des produits phytosanitaires et le lancement prochain d'une importante cohorte populationnelle pour mieux évaluer les risques environnementaux sur la santé humaine.
Toutefois, malgré ces avancées, la Suisse se distingue par une absence de monitorage de la santé, tant des travailleurs agricoles que de la population riveraine exposée aux produits phytosanitaires.
Dans ce contexte, le présent postulat a pour objectif d'encourager l'établissement d'un tel monitorage. Le rapport demandé pourra inclure les données des études telles que celle mandatée par le canton du Valais et encourager le lancement d'initiatives similaires en Suisse auprès de l'ensemble des publics cibles exposés: les agriculteurs et les riverains. C'est seulement ainsi qu'il sera possible de vérifier à quel point l'utilisation des produits phytosanitaires a un impact direct sur la santé humaine et d'adapter, le cas échéant, les politiques publiques concernant leur régulation et leur utilisation.
Ce sujet me tient particulièrement à coeur parce que j'ai grandi dans une famille paysanne et que mon père, [PAGE 1289] viticulteur, a souffert les dernières années de sa vie de la maladie de Parkinson, dont plusieurs études ont montré aujourd'hui qu'elle pouvait découler d'une exposition régulière aux produits phytosanitaires.
J'aimerais de plus insister ici sur le fait qu'il ne s'agit pas, avec ce postulat, d'un débat pour ou contre les produits phytosanitaires, mais bien de voir si, grâce à la mise en place d'un système de monitorage des effets de l'utilisation de ces produits, on pourrait mieux protéger la santé des agriculteurs et des riverains.
Je vous invite donc à soutenir ce postulat.