Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · 2023-09-18
Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2023-09-18
Wortprotokoll
J'ai un fils de quinze ans qui vient de commencer une école des métiers techniques, en informatique. Il va obtenir un CFC après quatre ans et une maturité professionnelle. Toute multidiplômée de l'université que je suis, je suis absolument ravie que mon fils ait entamé cette formation professionnelle. Mais s'il y a bien une chose dont je suis sûre en ayant examiné son cursus, c'est qu'il n'aura pas les compétences, à la fin de sa maturité professionnelle, pour entrer directement en HEP. Il aura très peu de cours de langues étrangères et de culture générale notamment; de ce point de vue là, il est évident que la [PAGE 785] formation dispensée en maturité professionnelle ne correspond pas aux exigences de la HEP.
Il s'agit aussi, comme l'a bien dit mon collègue Matthias Michel, d'une question d'égalité de traitement: le système de formation suisse - le "Bildungslandschaft" tel qu'on le connaît -, est bien pensé et fonctionne plutôt bien. Les titulaires[NB]de[NB]maturité[NB]professionnelle doivent effectivement obtenir un diplôme complémentaire d'une année pour entrer en HEP. Mais l'inverse est aussi vrai; ainsi, un titulaire de maturité gymnasiale aurait aussi l'obligation de faire un an de terrain avant d'entrer en HES par exemple. Ainsi, on créerait une forme de déséquilibre, en grignotant, pour une seule profession, cette cohérence et cette symétrie des passerelles entre les différents types de maturités.
Ce n'est pas déclasser les compétences de terrain ou les compétences professionnelles que de dire que la maturité professionnelle ne fournit pas le bagage académique suffisant.
J'aimerais aussi ajouter que cette solution n'est pas de nature à augmenter le nombre de professeurs - on l'a déjà vu. Il y a aussi la question des coûts à prendre en compte: si l'on élargit les critères pour entrer dans une haute école pédagogique, ne s'expose-t-on pas, finalement, à un taux d'échec supplémentaire supérieur au taux actuel à la fin de la première année? Auquel cas, il serait assez inefficace d'avoir ouvert les "frontières" de cette formation pour que, à la fin, le taux d'échec en première année augmente, connaissant les coûts de formation en haute école, par opposition à ceux au niveau secondaire II.
Il est déjà possible aujourd'hui d'entrer à des conditions moindres pour les titulaires d'une maturité professionnelle. Ainsi, il n'est pas tout à fait exact, comme il est dit dans la motion, qu'ils sont traités à la même enseigne que ceux qui ne sont pas titulaires d'une maturité. Selon les formations obtenues, ils peuvent déjà bénéficier de dérogations pour des matières spécifiques.
Ainsi je vous invite, comme l'a fait la majorité de la commission, à refuser cette motion.