Amaudruz Céline · Nationalrat · 2023-09-27
Amaudruz Céline · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2023-09-27
Wortprotokoll
Comme vous avez pu le lire dans la presse, la population suisse vient de passer la barre des 9 millions d'habitants. 9 millions: j'aimerais que nous fassions un petit exercice mental, en tentant de nous remémorer la campagne concernant l'initiative populaire "contre l'immigration de masse" de 2014. A cette époque, les prévisions officielles prévoyaient que cette barre ne serait pas franchie avant l'an 2060. Il faut donc comprendre qu'aujourd'hui nous atteignons les 9 millions d'habitants avec 37 ans d'avance sur les prévisions officielles, et cela, malgré l'acceptation par le peuple de l'initiative que je viens de citer.
Il n'est aujourd'hui plus possible de se voiler la face: la mise en oeuvre de l'initiative "contre l'immigration de masse" n'a tenu aucune de ses promesses. Notre Parlement n'a pas respecté la volonté populaire, et ce, dans une démocratie directe. Cela est intolérable.
Alors que la Suisse a passé le cap des 6 millions d'habitants en 1967, il lui a fallu 27 ans pour passer la barre des 7 millions, en 1994. Ensuite, il n'a fallu que 18 ans pour atteindre les 8 millions d'âmes, en 2012. Désormais, 11 petites années ont suffi à passer les 9 millions. A ce rythme, la Suisse à 10 millions d'habitants, c'est pour demain.
En tant que représentants du peuple, nous nous devons de respecter la volonté populaire. Nous ne pouvons plus nous limiter à des discours creux et vains en matière d'immigration. C'est pour cela que notre groupe a déposé une motion qui charge le Conseil fédéral de soumettre à notre conseil un projet de mise en oeuvre de l'article 121a de la Constitution. Ce que le Parlement n'a pas voulu faire en 2014, il doit le faire aujourd'hui.
La deuxième motion que nous vous proposons d'accepter répond à une autre idée fausse que l'actualité a déconstruite. Je parle bien entendu de l'idée selon laquelle le problème de l'asile peut être réglé par l'accueil. Il y a dix ans, le nombre de personnes en quête de refuge à travers le monde s'élevait à 40 millions de personnes. Une décennie plus tard, malgré l'accueil massif de 2015, et une pression migratoire constante, ce nombre n'a pas diminué. Au contraire, il vient de passer les 100 millions pour la première fois de l'histoire.
Rendez-vous bien compte, ce n'est pas la construction de quelques conteneurs ou la proclamation de grands principes moraux qui changera quelque chose.
Aujourd'hui, nous devons comprendre que la protection n'est pas synonyme d'accueil et que, tôt ou tard, c'est bel et bien sur place, au plus proche des populations déplacées, qu'il faudra apporter l'aide.
La motion Rutz Gregor charge le Conseil fédéral de procéder aux clarifications concrètes visant à ce que les procédures d'asile puissent être menées à l'étranger et que des centres de protection soient construits en collaboration avec d'autres Etats.
Concernant les autres objets qui nous sont soumis, nous vous invitons à soutenir la motion 23.3533 qui veut lutter contre la migration secondaire de manière cohérente, quoique timide.
A l'inverse, le postulat Pfister Gerhard doit être rejeté. Il n'est pas question de se laisse dicter une nouvelle réforme de l'asile alors que même les partenaires européens n'appliquent pas convenablement les traités en vigueur.
Je vous remercie, au nom du groupe UDC, de suivre nos positions.