Chassot Isabelle · Ständerat · 2023-12-14
Chassot Isabelle · Ständerat · Freiburg · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2023-12-14
Wortprotokoll
Je vous invite à mon tour à soutenir la minorité dans l'objectif de pouvoir créer une divergence ce matin. La présidente de la commission l'a indiqué: c'est évidemment un sujet très sensible que nous avons sur la table, mais je n'aimerais pas que nous en fassions, ce matin, dans ce conseil, une décision pro ou contra l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). La décision de suivre la minorité doit permettre à la commission d'entendre le chef du DFAE - le conseiller aux Etats Hegglin l'a dit -, notamment concernant les reproches faits à l'UNRWA par le Conseil national, mais avant tout, également, au[NB]sujet[NB]des[NB]conséquences de cette décision pour la politique étrangère de notre pays.
Comme vous, j'ai lu la proposition individuelle à la base de la décision du Conseil national. Nota bene: le Conseil national ne s'est quasiment pas exprimé à ce sujet lors de ces débats. Je pense qu'il s'agit, pour nous, d'éviter de prendre la décision sur la seule base d'une visite d'une délégation parlementaire, en janvier 2023, dans une école de Bethléem, et sur le rapport d'une source mentionnée de l'UN Watch, qui est, par ailleurs, une source très critiquée dans les milieux officiels.
Pour être tout à fait claire, j'ignore si les reproches de proximité entre l'UNRWA et le Hamas sont avérés. Mais ce dont je suis sûre, c'est que ce qui se passe aujourd'hui à Gaza est l'une des plus graves crises humanitaires que nous puissions connaître, que les besoins de la population civile sont immenses et que la Suisse, comme dépositaire des Conventions de Genève, oriente sa politique sur le droit international. Pour elle, les victimes civiles sont la priorité. La Suisse, par ailleurs, soutient l'UNRWA depuis de nombreuses décennies. Il est vrai qu'en 2018, le chef du Département fédéral des affaires étrangères avait exprimé des doutes concernant les activités de l'UNRWA lors d'une visite sur place.
Mais son département a continué à soutenir cette organisation depuis lors, ce qui semble démontrer qu'un contrôle et une évaluation ont également été faits. Je vous demande ce matin que nous nous basions sur des faits, que nous entendions la position du DFAE et que, le cas échéant, notre commission envisage ensuite des variantes. Si les critiques sont avérées, nous pourrons nous rallier à la proposition du Conseil national; si elles ne le sont pas, nous avons la possibilité de maintenir l'aide, mais en biffant le lien de causalité avec l'UNRWA, et de prévoir ces moyens, par exemple, pour le CICR, voire de réduire le montant pour des motifs de politique financière. Ce matin, nous aurons encore d'autres divergences, ce qui fait que la discussion sur le budget ne sera pas close. C'est pourquoi je vous invite à la raison et à nous donner la chance de bien faire en prenant nos décisions sur la base de faits objectifs.
Je vous remercie de soutenir la proposition de minorité.