Sommaruga Carlo · Ständerat · 2023-12-19
Sommaruga Carlo · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2023-12-19
Wortprotokoll
Les sportives et les sportifs de haut niveau, qu'elles ou qu'ils pratiquent un sport individuel ou collectif, permettent la promotion du sport qu'elles ou qu'ils pratiquent. Mais ce sont surtout des figures inspirantes, tout particulièrement pour les jeunes filles et les jeunes garçons. Or, pour que ces figures sportives de proue féminines comme masculines puissent jouer un rôle de catalyseur auprès de la jeunesse et l'amener à pratiquer un sport et s'y engager dans un esprit de saine compétition, pour le bien du corps et de l'esprit, encore faut-il que leur activité sportive et leur performance trouvent écho dans les médias. Ici, le média de service public joue un rôle essentiel. Il n'a pas à répondre à une logique marchande, mais doit contribuer à informer, même en matière sportive, le public jeune ou moins jeune, féminin ou masculin.
Ma motion s'inscrit dans cette perspective. Elle a d'ailleurs été déposée après avoir rencontré des femmes et des jeunes filles sportives. D'une part, j'ai rencontré des sportives d'élite de sport collectif qui m'ont expliqué comment, dans leur jeunesse récente, elles avaient dû s'identifier à des figures masculines en raison de l'absence de mise en valeur des femmes sportives, alors que de telles figures existaient déjà à l'époque. D'autre part, je me suis entretenu avec de jeunes et très jeunes sportives qui regrettaient le peu d'espace dans les médias accordé au sport féminin, surtout collectif, qu'elles pratiquent. Les affirmations de ces jeunes femmes et de ces femmes correspondent à la réalité mesurée scientifiquement, puisqu'une étude de l'Université de Zurich publiée en 2021 a démontré que, pour la période 2015-2020, la présence des femmes dans les médias n'avait pratiquement pas évolué et qu'en matière de sport, seuls 13 pour cent des informations étaient dédiées au sport féminin.
Certes, la présence du sport féminin dans les médias s'est améliorée en 2023, mais cela relève plus de la circonstance spéciale, comme la tenue de la coupe du monde de football féminin. Quoi qu'il en soit, on est encore loin d'une approche respectant l'égalité, même dans le service public.
Il est assez déroutant de lire dans l'avis du Conseil fédéral qu'il n'y a pas besoin d'agir, même si le sport féminin diffusé en direct ne représente que 35 pour cent de la diffusion sportive du média de service public, dans la mesure où la SSR a reconnu le problème et qu'elle a déjà triplé la diffusion du sport féminin. Si cela est vrai, cela montre que voilà encore peu d'années en arrière, il y avait tout juste 10 pour cent de diffusion en direct de sport féminin.
Si l'on tient compte de la diffusion en direct des sports individuels comme le tennis ou le ski, il apparaît de manière patente que les sports collectifs féminins, comme le football, [PAGE 1230] le basketball ou le volleyball sont toujours largement sous-diffusés.
On ne saurait certainement pas se contenter d'une part aussi faible de présence médiatique dans la diffusion sportive du service public, service public qui doit répondre aux attentes de l'ensemble de la population. Rien ne justifie la discrimination sportive des femmes qui représentent tout de même 50 pour cent des auditeurs et des téléspectateurs.
Ma motion vise justement à modifier cet état de fait. Il s'agit d'accélérer le processus que le Conseil fédéral affirme que la SSR a mis en place. La solution proposée par ma motion n'est ni bureaucratique ni réglementaire. Je demande simplement que, dans le cadre du prochain renouvellement de la concession de la SSR, qui aura lieu à la fin 2024, le Conseil fédéral précise, dans le texte de la concession, l'objectif de parité entre le sport féminin et masculin à l'article 3 de la concession, qui prévoit déjà d'ailleurs un objectif général d'égalité, mais qui n'est manifestement pas respecté dans le cadre des émissions sportives du service public. La motion proposée n'exige pas non plus d'agir dans l'urgence. Elle accompagne le renouvellement de la concession qui aura lieu, normalement, fin 2024.
Afin de favoriser l'émergence de modèles sportifs féminins pour nos filles et nos petites filles, je vous invite à accepter ma motion.