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Brunner Christiane · Ständerat · 2003-03-20

Brunner Christiane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2003-03-20

Wortprotokoll

Mme Beerli et M. Béguelin ne parlent pas de la même chose.

Nous sommes tout à fait d'accord qu'il faut favoriser la création de réseaux de santé dans notre pays. Nous n'avons aucune controverse à cet égard. Mais comment favoriser l'introduction de tels réseaux dans notre pays? Est-ce par des systèmes d'incitations financières comme vous le proposez? Nous ne le croyons pas.

Vous avez dit vous-même: "L'incitation financière avec la réduction de la prime, cela ne marche pas!" Et maintenant, vous proposez une incitation financière par le biais de l'augmentation de la quote-part pour les assurés qui ne feraient pas partie d'un réseau de santé s'il y en a un dans leur région. Je crois que là, nous ne parlons pas de la même chose. Car nous sommes favorables, comme vous, à ce que le système du réseau s'implante dans notre pays. Nous sommes convaincus que c'est un système qui peut amener une réduction des coûts de la santé. Mais nous ne sommes pas d'accord avec la démarche qui consiste à dire: "Si vous n'êtes pas dans un réseau de santé, votre participation aux coûts de la santé est deux fois plus élevée."

Je pense que vous n'avez pas raison non plus quand vous dites que le libre choix est garanti. Il n'est pas garanti, parce que seules les personnes qui peuvent payer une participation plus élevée ont un libre choix garanti. Les personnes qui ne peuvent pas se payer une participation plus élevée n'ont pas le libre choix; elles doivent entrer dans un réseau de santé. Par conséquent, avec ce système d'incitation - je ne parle pas du système du réseau en tant que tel -, vous pénalisez les assurés les moins favorisés.

C'est aussi une illusion de croire que c'est le patient qui dicte ce qu'il veut comme prestation au médecin. Moi, je connais X patients, même un qui siège juste là, derrière moi, auxquels le médecin dit: "Maintenant, on fait telle ou telle analyse, on recommence telle ou telle prestation." Si votre vie et votre santé sont en cause, vous n'allez pas dire à votre médecin: "Je n'en veux pas. On a déjà fait ces analyses, on a déjà fait ce que vous me demandez de refaire et je ne veux [PAGE 347] pas recommencer." Le patient croit nécessairement à ce que lui dit le médecin, à ce qu'il lui indique et qui est favorable, bénéfique pour sa santé. Il n'a pas la force de dire: "Monsieur le docteur - comme on dit si bien chez nous en Suisse romande -, je n'en veux pas!" C'est une illusion que de penser ça. Je crois que le modèle avec l'incitation financière que vous proposez, Madame Beerli, est prématuré. L'incitation est prématurée. Lorsque le système des réseaux sera bien implanté, qu'on comprendra comment ça fonctionne dans notre pays, à ce moment-là, on pourra dire: "Vous avez vraiment le libre choix; c'est comme ça ou comme ça."

L'idée en soi est bonne; elle est bénéfique pour la réduction des coûts. L'idée du réseau est bénéfique, nous la partageons intégralement, mais pas en ce moment; l'incitation financière que vous proposez en mettant simplement le double à la charge des assurés qui n'en ont pas les moyens est prématurée. Dans cinq ans, elle trouvera sans doute sa place dans notre système.