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Langenberger Christiane · Ständerat · 2003-03-20

Langenberger Christiane · Ständerat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2003-03-20

Wortprotokoll

Il m'appartient de parler de l'ONU et de l'après-guerre. Est-ce indécent? Nous vivons depuis des semaines dans la perspective d'un cauchemar, de visions d'horreur. Il nous reste dès lors à souhaiter que la guerre se termine le plus rapidement possible et, peut-être, à nous dire que le statu quo était lui aussi intolérable.

Nous souhaitons tout d'abord affirmer que l'ONU garde à nos yeux toute sa raison d'être, et nous insurger contre certains milieux qui semblent vouloir semer le doute sur l'avenir de l'ONU. Si le Conseil de sécurité est en crise, cela n'implique pas une crise de l'ensemble de l'organisation, responsable d'innombrables activités indispensables à l'amélioration des conditions de vie sur notre planète. Il sera au contraire nécessaire d'avoir une majorité de pays qui, sous l'égide de l'ONU, gèrent l'après-guerre et tentent de trouver une solution face à la toute-puissance des Etats-Unis. Sans l'ONU, on risque de basculer dans un monde qui ne respecte plus les droits de l'homme et des peuples, où domine la loi du plus fort sur le plus faible. Il faudra effacer cette exception d'une nation qui, contre une majorité des pays de l'ONU, a fait intervenir la force, et réapprendre que le droit doit primer la force, au risque, sinon, d'ouvrir une ère d'incertitude générale dans laquelle pourraient s'engouffrer de nombreuses régions, au nom des mêmes arguments.

Il s'agira de trouver des réponses à l'interprétation que le monde musulman risque de faire de cette attaque en estimant que c'est la chrétienté qui se lance dans une nouvelle guerre de religion. Il faudra donc reconstruire le dialogue avec le monde arabe, sous peine de déclencher une crise durable entre les pays à dominance judéo-chrétienne et les pays à dominance islamique. L'ONU, l'ONU seule est à même d'engager cette politique. Et puis, n'oublions pas que l'Europe a été certes dominée pendant des siècles par les musulmans, mais aussi enrichie par eux, et que notre culture en est largement inspirée.

L'ONU devra tout mettre en oeuvre afin d'organiser la reconstruction de l'Irak. Certes, les Etats-Unis parlent depuis longtemps de l'après-guerre, mais seront-ils véritablement accueillis en sauveurs? On peut en douter, même si nous en savons un peu plus sur les atrocités commises par le régime de Saddam Hussein.

Les membres de l'ONU devront également se poser des questions sur la faiblesse de l'opposition à la guerre, sur de multiples contradictions qui ont jalonné leurs relations avec l'Irak. L'Europe aussi devra revoir sa politique étrangère et de sécurité à la lumière de cette guerre.

Nous espérons enfin que l'attention se portera rapidement à nouveau sur d'autres pays qui disposent, eux, de manière indubitable de moyens de destruction massive, d'armes atomiques.

En ce qui concerne notre pays, nous sommes évidemment favorables à l'envoi de troupes, une fois que la situation sera stabilisée bien entendu, de même qu'à l'envoi d'experts civils spécialisés dans la promotion des droits de l'homme et de l'Etat de droit. La Suisse dispose d'une véritable compétence en la matière et a des atouts à faire valoir dans ce domaine.

Et puis, aujourd'hui, nous sommes en pensée avec toutes ces femmes, tous ces enfants, tous ces hommes qui sont frappés par une nouvelle guerre.