Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · 2024-03-06
Crevoisier Crelier Mathilde · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-03-06
Wortprotokoll
Pour ma part, j'ai grandi dans le rayon de nuisance de la centrale de Fessenheim, en Alsace. Je n'ai malheureusement pas de capacité d'action sur la mise hors service de cette centrale, mais j'espère par contre à l'avenir pouvoir en avoir un peu sur celles qui se trouvent sur le territoire suisse.
Ce que je trouve un peu ennuyeux - cela a été dit à propos de ce postulat -, c'est qu'il donne l'impression que du côté de l'administration et du Conseil fédéral, on ne fait pas son travail. La demande est formulée au point 1 que le cadre réglementaire et financier à mettre en place afin de pouvoir continuer à exploiter à long terme soit exposé dans un rapport, alors que c'est quelque chose qui est déjà fait[NB]actuellement,[NB]qui[NB]est[NB]déjà réalisé. A ce niveau, je rejoins donc tout à fait mes collègues Zopfi et Vara, qui l'ont déjà relevé.
Ce qui est aussi ennuyeux avec ce postulat, c'est qu'il va à l'encontre de la stratégie énergétique 2050, qui a été demandée et développée par le Conseil fédéral en 2011 et qui a été confirmée par le Parlement, puis, quand la loi sur l'énergie a été acceptée, par le peuple, qui a déclaré son soutien à ce plan de route, à ce plan de sortie du nucléaire.
Maintenant, avec ce postulat - et c'est quand même une forme de signal - on revient donc sur cette décision qui a été prise. Cela a été dit au cours du débat: on a tendance à minimiser la portée d'un postulat dans la mesure où il est finalement non contraignant, mais les mots ont quand même un sens: "Pour le maintien en service des centrales nucléaires existantes" veut bien dire ce que cela veut dire.
Je me permettrai également de revenir sur certains points de détail. Comme notre collègue Marianne Binder l'a relevé, concernant les "hypothèses erronées" évoquées dans le développement du postulat: je n'ai pas envie de laisser dire cela par rapport à la stratégie énergétique 2050. Je crois qu'il faut avoir l'honnêteté de dire que, pour la stratégie énergétique 2050, les hypothèses qui pouvaient être faites ont été faites au moment où elle a été adoptée. Elles sont peut-être erronées avec le recul, mais c'est précisément le but du monitoring mis en place à la suite de la stratégie que de corriger les hypothèses faites d'entrée de jeu. [PAGE 148]
Je rappellerai aussi, si on veut parler de ce qui ne jouait pas dans la première mouture de la stratégie, que les perspectives technologiques ont évolué, et qu'à ce titre, elles pourront aussi compenser en partie cette augmentation des besoins en électricité, dont, effectivement, nous devrons tenir compte.
J'ajoute encore un mot sur le coût de tout cela. On le sait, et les défenseurs de l'énergie atomique, qui sont nombreux dans ce conseil et que je remercie d'avoir annoncé leurs liens d'intérêts, le savent: les technologies dont on parle, même les remplacements de composants des centrales, coûtent. Elles ne sont pas encore au point actuellement. C'est vrai que de la recherche se fait, mais les montants sont monstrueux, ils sont énormes, et je crois que dans la situation financière actuelle de la Confédération, on n'a pas les moyens de miser sur deux chevaux. Les technologies renouvelables, sur lesquelles nous devons miser, en vertu de la stratégie énergétique et des perspectives énergétiques, sont encore à développer, à financer, mais c'est exactement à cet endroit que l'on doit mettre les moyens nécessaires pour suivre notre trajectoire et ne pas nous éparpiller dans des domaines dont nous savons que nous devrons sortir à un moment donné.
Je vous invite donc véritablement à suivre la proposition Zopfi et à rejeter ce postulat.