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Revaz Estelle · Nationalrat · 2024-03-14

Revaz Estelle · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-03-14

Wortprotokoll

Trotz der Tatsache, dass die Schweiz ein reiches Land ist, sind wir auch hier bei uns von Armut betroffen. 8,7 Prozent der Bevölkerung leben unterhalb der Armutsgrenze; 4,2 Prozent der Erwerbstätigen sind davon betroffen. Die letzten Krisen - Covid-19, Energie- und Wirtschaftskrisen - haben die Situation der Armutsbetroffenen weiter verschlechtert. Es ist eine Frage des elementaren Humanismus, alles zu tun, um diesen Trend umzukehren. Aber wie soll das in unserem föderalen System gehen?

Zum Glück wird in den Artikeln 41 und 115 der Bundesverfassung die Aufgabenverteilung bei der Armutsbekämpfung ziemlich genau geklärt: Die Kantone und Gemeinden müssen gemeinsam gegen die Armut kämpfen; der Bund und die Kantone müssen bei der Armutsprävention zusammenarbeiten; der Bund allein soll die Koordination der Armutsbekämpfung übernehmen. Diese Aufteilung wird von den betroffenen Akteuren nicht bestritten. Der Bund kann sich also nicht verstecken, er muss seine verfassungsmässige Pflicht erfüllen.

Un programme national de prévention et de lutte contre la pauvreté a été mis en place en 2014. Suite à ses bons résultats, il a été reconduit en 2019 sous la forme d'une plateforme nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. Le problème est que cette plateforme arrive à échéance cette année. Le Conseil fédéral assure qu'il étudiera le rapport d'évaluation de la plateforme et qu'il décidera dans la foulée si elle doit être reconduite ou pas, et cela probablement avant la prochaine session. Nous connaissons toutes et tous ici la situation financière de la Confédération. Nous observons jour après jour le sort qui est réservé aux projets qui ne sont pas imposés par le Parlement ou par le peuple: ils sont tout simplement biffés les uns après les autres. La plateforme est donc en danger immédiat.

Vous allez me demander ce que fait donc cette plateforme de si utile. Elle permet d'optimiser les actions de lutte contre la pauvreté tout en respectant le principe de subsidiarité. Elle met en évidence les pratiques qui fonctionnent et coordonne tous les acteurs concernés, c'est-à-dire les cantons, les villes, les communes, les ONG. Elle est bien plus efficace que les conférences cantonales, puisqu'elle peut envisager le problème dans sa globalité.

L'efficacité de la plateforme pourrait être renforcée par une stratégie nationale actualisée de lutte contre la pauvreté. C'est pour cela que cette mesure figure dans ma motion.

Le Conseil fédéral a reconnu à plusieurs reprises que les mesures de prévention étaient socialement et financièrement avantageuses et qu'il était disposé à introduire une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté. Aujourd'hui, il botte en touche et préconise d'attendre un rapport, qui est pourtant prêt depuis un bon moment. Sachez que tous les acteurs concernés ont préconisé l'adoption de cette motion: les cantons, les villes, les communes et la Conférence suisse des institutions d'action sociale ont tous exprimé le souhait que la plateforme soit reconduite et soit assortie d'une stratégie nationale.

Enfin, pour terminer, le nerf de la guerre: l'argent. Cette plateforme a un coût négligeable à l'échelle du budget de la Confédération. L'actualisation de la stratégie nationale n'aura pas vraiment d'influence sur le budget. En investissant entre 2 et 5 centimes par habitant et par an, nous avons la possibilité d'agir de façon déterminante pour des dizaines de milliers de personnes. La population a exprimé son inquiétude vis-à-vis de la précarité grandissante dans notre pays. Je suis convaincue qu'elle ne verrait pas d'un très bon oeil que la Chambre du peuple ne reconduise pas le seul programme de lutte contre la pauvreté de la Confédération. Et ce, alors qu'il existe, depuis dix ans, qu'il a fait ses preuves, qu'il répond à un devoir constitutionnel, que tous les acteurs concernés demandent sa prolongation et pour finir, qu'il coûte moins de 5 centimes par habitant et par année.

Je vous remercie par avance pour votre soutien et vous encourage vivement à accepter ma motion.