Porchet Léonore · Nationalrat · 2024-04-15
Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2024-04-15
Wortprotokoll
Un petit rappel concernant l'initiative parlementaire de notre collègue Prelicz-Huber: il s'agit de rembourser les soins nécessaires découlant d'une maladie[NB]liée[NB]aux dents et les soins préventifs afin d'éviter des lésions.
Quelle est la situation? Pourquoi notre collègue dépose-t-elle cette initiative parlementaire? D'abord, je rappelle qu'actuellement seules les maladies graves ou non évitables sont remboursées. Il s'agit en fait de 18 cas - seulement 18 cas. Pourtant, 20 pour cent des gens qui auraient besoin de soins dentaires y renoncent. La Suisse est le troisième pays de l'OCDE où les gens payent le plus d'eux-mêmes pour les soins dentaires: jusqu'à 500 francs par personne en moyenne et jusqu'à 2000 francs par personne par année. Vous me direz qu'une assurance soins dentaires existe. Il faut la prendre de manière privée. Cela coûte entre 100 et 120 francs par mois par famille. C'est cher. Très cher.
Les conséquences d'une non-prise en charge de maladies ou de lésions des dents ou de la cavité buccale sont gravissimes. Ces maladies et lésions peuvent même être fatales, puisque des bactéries risquent de se propager et de créer des pneumonies, des crises cardiaques et des attaques cérébrales. Elles peuvent aussi créer des douleurs lombaires ou cervicales. Ces douleurs sont inacceptables alors qu'elles pourraient être évitées avec de bons soins et de bons soins préventifs. Ces maladies et lésions coûtent également. Elles ont donc des conséquences sur la santé publique. Elles peuvent amener à d'autres complications, ce qui augmente encore les coûts.
Il faut également rappeler que les problèmes de dents ne sont pas des problèmes d'hygiène. Ce n'est pas que la faute des personnes qui auraient des problèmes de dents. Vous avez toutes et tous entendu "Moi j'ai de la chance, j'ai de bonnes dents " et des gens qui disent "Moi je n'ai pas de chance, je n'ai pas de bonnes dents". Il y a des gens qui se lavent les dents plusieurs fois par jour, qui font tout ce qu'il faut faire, mais qui ont quand même des problèmes de dents.
La prise en charge des soins dentaires est une bonne mesure de santé publique et c'est donc une mesure économique. La prévention, avant que l'on ait ces problèmes, est aussi la meilleure amie économique dans le domaine de la santé. Dans le cas des dents, on a même une situation où c'est le serpent qui se mord la queue. Oder auf Deutsch: Da beisst sich die Katze in den Schwanz. En effet, l'OFSP justifie le non-remboursement des soins par le fait qu'ils peuvent être évités par une bonne hygiène bucco-dentaire. La référence qui nous est donnée est celle de la Société suisse des médecins-dentistes (SSO), qui définit une bonne hygiène bucco-dentaire - donc la raison pour laquelle on ne rembourse pas les soins - par la limitation du sucre, le brossage des dents et le fil dentaire, un dentifrice approprié, un contrôle régulier et un nettoyage en cabinet dentaire. Pour avoir la bonne hygiène bucco-dentaire, qui nous permet donc de ne pas être remboursés, on doit faire des soins préventifs qui ne sont pas remboursés. C'est là que le serpent se mord la queue, parce que ces soins de prévention coûtent. Ils ne sont pas remboursés. Les gens ne les font donc pas et ils ne peuvent pas maintenir cette bonne hygiène bucco-dentaire demandée afin de justifier le fait que l'on ne rembourse pas les soins dentaires. Vous voyez donc le problème.
Pour soulager les dents des serpents et des chats qui se mordent la queue à cause de cette situation, mais surtout pour soulager les dents de la population suisse, je vous encourage à donner suite à l'initiative parlementaire de ma collègue Katharina Prelicz-Huber.