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Walder Nicolas · Nationalrat · 2024-04-17

Walder Nicolas · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2024-04-17

Wortprotokoll

La motion que je vous soumets aujourd'hui charge simplement le Conseil fédéral de prendre les mesures nécessaires pour associer notre pays à l'Alliance européenne pour l'industrie solaire et à son développement.

La Commission européenne a en effet décidé de mettre en place une alliance pour l'industrie solaire qui a pour objectif d'établir une chaîne de valeur résiliente et axée sur l'innovation en Europe. L'alliance est l'une des initiatives tout à fait concrètes de la stratégie européenne en matière d'énergie solaire, adoptée en mai 2022 dans le cadre de son plan "Repower EU"; autant d'initiatives qui devront permettre à l'Union européenne d'atteindre plus de 320 gigawatts de capacité solaire photovoltaïque nouvellement installée d'ici à 2025, et près de 600 gigawatts, soit quasiment le double, d'ici à 2030. Ces objectifs passent par un renforcement de la production européenne et un soutien accru, avec des dizaines de milliards d'euros engagés dans des projets tournés vers la production d'énergie verte.

La réduction de la dépendance vis-à-vis des énergies fossiles, et donc vis-à-vis d'Etats autocratiques comme la Russie, est une nécessité tant pour la politique climatique que pour la politique de sécurité. En réaction à la guerre d'agression russe contre l'Ukraine et au réchauffement climatique en cours, la Commission européenne fait ainsi avec son plan "Repower EU" un pas supplémentaire important vers la décarbonisation et vers son approvisionnement en électricité, tout en veillant à ne pas remplacer une dépendance à l'égard des combustibles fossiles russes par de nouvelles dépendances vis-à-vis d'Etats tiers potentiellement hostiles. L'Union européenne a compris que pour renforcer sa souveraineté et sa résilience, il fallait travailler sur le renforcement des filières industrielles européennes et le développement des technologies photovoltaïques innovantes.

Une fois créée, l'alliance réunira des acteurs industriels, des instituts de recherche, des associations de consommateurs, des ONG et d'autres parties prenantes intéressées par le secteur solaire photovoltaïque. Elle présentera un plan d'action pour la chaîne de valeur de l'industrie solaire en Europe et collaborera avec les Etats membres sur des questions telles que la recherche et l'innovation, les chaînes d'approvisionnement industrielles, les matières premières, l'accès au financement ou encore la durabilité.

Chères et chers collègues, au vu des défis actuels géopolitiques, mais aussi des défis en matière d'accès aux ressources énergétiques ou de politique climatique, la reconstruction d'une industrie solaire sur notre continent est également dans l'intérêt stratégique de la Suisse. Cela permettra de renforcer la souveraineté et la diversification de notre approvisionnement, tout en développant des emplois durables dans notre pays.

A titre d'information, l'Union européenne, grâce à cette alliance, prévoit de doubler d'ici 2030 les quelque 350[NB]000 emplois créés dans la filière de l'énergie solaire. C'est pourquoi la Suisse doit rapidement faire part à la Commission européenne de son souhait de s'associer à cette alliance pour l'industrie solaire en tant que partenaire fiable et résolument engagé dans la transition énergétique, d'autant que notre [PAGE 782] pays n'est pas dénué de pôles d'excellence en matière de recherche et développement ni d'entreprises de premier plan dans le secteur des énergies renouvelables.

Le Conseil fédéral partage d'ailleurs cet avis, puisqu'il dit dans sa réponse mesurer toute l'importance de la thématique et des difficultés entravant actuellement les chaînes d'approvisionnement. Il ajoute aussi reconnaître les dépendances importantes de notre continent dans un contexte international sous forte tension. Mais, finalement, malgré les enjeux majeurs que représentent le renforcement de la filière solaire et l'intégration pleine et entière de notre pays dans le développement d'une chaîne de production européenne, le Conseil fédéral s'obstine encore, souvent par idéologie, à s'opposer au développement d'une politique industrielle pour notre pays.

Pourtant, nous le savons, pour relever le défi de la décarbonisation, tout comme celui de la souveraineté énergétique, nous ne pourrons pas faire l'économie d'une stratégie industrielle cohérente et engagée, celle-là même que l'Union européenne met en place en ce moment, avec cette alliance pour l'énergie solaire. Participer à ce réseau offrira à la Suisse l'opportunité de créer des milliers d'emplois d'avenir dans notre pays, de renforcer notre souveraineté et notre sécurité d'approvisionnement énergétique, et bien sûr d'atteindre nos objectifs de décarbonisation pour l'économie.

Pour toutes ces raisons, je considère qu'il est dans l'intérêt de la Suisse que le Conseil fédéral fasse part à la Commission européenne de notre souhait d'y être associé. Pour ce faire, je vous invite bien sûr à soutenir ma motion.