Cuche Fernand · Nationalrat · 2003-05-07
Cuche Fernand · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2003-05-07
Wortprotokoll
C'est vrai que nous sommes dans un contexte économique difficile, que de nombreuses personnes habitant ce pays sont dans une passe un peu difficile, et l'agriculture n'échappe pas à cette évolution. J'aimerais quand même rappeler ici que durant ces dix dernières années, le revenu de l'agriculture - y compris la rémunération directe ou les paiements directs - a diminué de l'ordre de 20 à 25 pour cent selon les différentes branches de production ou les modes de production.
Vouloir, dans cette situation-là, et pour les quatre ans qui viennent, faire porter un fardeau supplémentaire aux paysannes et aux paysans qui restent encore en activité par une diminution de l'importance de celle proposée par la minorité Gysin Remo, nous paraît excessif. Où nous pouvons être d'accord avec vous, c'est sur l'affectation de cette somme, qui va effectivement essentiellement à la mise en valeur d'une production excédentaire dans le secteur du lait, et sur le principe que de faire appel à des fonds publics pour exporter des excédents n'est pas tenable à long terme politiquement.
Je tiens à rappeler ici que dans le cadre des engagements pris au sein de l'Organisation mondiale du commerce, la Suisse, depuis l'Accord de Marrakech signé par notre gouvernement, s'est engagée à diminuer les sommes destinées à l'aide à l'exportation. Dans le cadre des accords bilatéraux, nous nous sommes aussi engagés à faire disparaître en l'espace de cinq ans toute forme d'aide à l'exportation à destination des pays membres de l'Union européenne. Nous partageons cet objectif. C'est peut-être le seul point avec lequel nous sommes d'accord au sein de l'Organisation mondiale du commerce; c'est de programmer la disparition de ces aides à l'exportation.
Mais j'aimerais rappeler aussi que nous avons un mandat constitutionnel, nous, agriculteurs et agricultrices, qui veut que l'on fournisse des prestations d'intérêt général, des prestations écologiques. Le virage a été pris, il n'est plus majoritairement contesté; l'orientation générale va dans le bon sens. Mais pour pouvoir remplir ce mandat, nous avons besoin dans les campagnes de suffisamment de personnes convenablement formées, convenablement rémunérées pour pouvoir accomplir cette tâche avec toutes les exigences voulues par la population.
C'est la raison pour laquelle, dans ma proposition, je demande, dans le cadre du budget agricole, de transférer une partie de la somme consacrée aux mesures destinées à la promotion de la production et des ventes au poste que nous appelons à Uniterre la "rémunération directe" ou, plus précisément, communément appelé, les "paiements directs". Voilà peut-être le dénominateur commun que nous avons ensemble sur les principes. Par contre, sur les montants, je vous rends attentifs au fait que nous sommes dans une situation économique fragilisée ces dernières années. Nous pensons que ce n'est pas ici que nous devons demander des moyens supplémentaires économiques à l'égard de l'agriculture. Nous pensons que le gouvernement et la majorité de ce plénum ont fait leur travail jusqu'à maintenant par rapport au mandat constitutionnel. Nous voulons que ces sommes ne diminuent pas et nous appelons les agriculteurs à négocier avec un partenaire qui est peut-être encore plus exigeant que la Confédération: il s'agit des acheteurs au niveau du marché. Je crois aussi que l'amélioration de notre situation passera par notre capacité de nous organiser et de négocier des prix au niveau du marché.
Aussi, je vous propose de soutenir ma proposition.