Beck Serge · Nationalrat · 2003-05-07
Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2003-05-07
Wortprotokoll
J'ai parlé tout à l'heure des positions alambiquées du groupe socialiste à l'égard de l'agriculture. Vous le savez aussi, lorsqu'on vide l'alambic, il y a parfois au fond de celui-ci des produits toxiques. La proposition de minorité Gysin Remo est l'un de ces produits toxiques.
Nous pouvons partager avec lui le principe qu'il est nécessaire de faire des efforts pour le redressement des finances de la Confédération. Nous devons aussi avoir à l'esprit que toute économie linéaire est la négation de la responsabilité politique et donc qu'il s'agit de choisir des priorités dans les domaines dans lesquels nous voulons investir l'argent public. Mais faisons-le avec cohérence!
Monsieur Gysin, si vous souhaitez mettre moins de fonds, sous quelque chapitre que ce soit, à l'intention de l'agriculture, vous devez nous dire quelles exigences, dans le mandat de prestations de la Confédération que nous avons et que vous avez imposé à celle-ci, vous entendez alléger. [PAGE 659] Parce que parler de compétitivité, parler de l'ampleur du soutien à l'agriculture de notre pays en comparaison avec d'autres pays n'est qu'une analyse partielle et partiale de la situation. Mettez dans la balance également les contraintes qui sont imposées à notre agriculture pour qu'une prestation générale, non seulement en termes d'alimentation mais aussi en termes d'environnement, soit correctement fournie à notre population.
Et c'est là que votre proposition manque de cohérence. Si vous nous proposiez d'amputer ces 450 millions de francs et en même temps d'élever les plafonds d'engrais minéraux, par exemple, qui peuvent être utilisés, pourquoi pas? L'agriculture, qui est gérée en majorité par des entrepreneurs dynamiques qui subissent actuellement une mutation difficile, est prête à relever un certain nombre de défis. Mais vouloir imposer cette politique totalement incohérente qui dit: "Je veux la même prestation pour beaucoup moins cher", c'est plonger l'agriculture dans une situation inextricable.
Tout à l'heure, vous nous avez présenté des comparaisons avec les chômeurs. Eh bien, Monsieur Gysin, si vous vous référez à la page 4410 du message du Conseil fédéral, vous voyez que dans le domaine de l'agriculture, les gens qui sont employés à plein temps comme main-d'oeuvre agricole familiale gagnaient 30 400 francs en moyenne par année en 2001 pour un emploi à plein temps. C'est donc bien moins que la plupart des chômeurs auxquels vous avez fait allusion tout à l'heure, alors que ces personnes fournissent une prestation d'un emploi à plein temps, et même à plus que plein temps parce qu'on sait ce que sont les horaires dans l'agriculture!
Alors, nous devons dépasser le niveau des caricatures. Cela a déjà été dit, vous parlez d'exploitations qui touchent plus de 100 000 francs de paiements directs: c'est parce que ceux-ci sont proportionnés aux prestations et que ces exploitations sont de grandes exploitations qui fournissent des prestations d'une grande ampleur en faveur de l'environnement et d'un grand volume pour la qualité de l'alimentation de nos concitoyens.
Je crois donc qu'il s'agit de rejeter très nettement la proposition de minorité et de s'en tenir à celle de la majorité, et à la hauteur du crédit-cadre.
M. Cuche l'a évoqué tout à l'heure, un certain nombre de transferts pourraient être envisagés à l'intérieur de ce crédit-cadre, c'est là un autre débat, mais venir avec une proposition telle que celle de M. Gysin Remo est parfaitement indécent à l'égard de l'agriculture, quelle que soit la base de comparaison prise par rapport aux autres secteurs de l'économie.