Kolly Nicolas · Nationalrat · 2024-06-03
Kolly Nicolas · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-06-03
Wortprotokoll
La responsabilité environnementale, oui, la croissance démographique exponentielle et l'immigration incontrôlée, non. Notre beau pays comptait 3,3 millions d'habitants en 1900. Un siècle plus tard, au passage de l'an 2000, cette population a doublé afin de s'établir à un peu plus de 7 millions d'habitants. Depuis, l'augmentation dans notre pays est d'environ 1 million tous les 10 ans, soit 100[NB]000 habitants de plus chaque année. Nous avons maintenant dépassé la barre des 9 millions.
Cette croissance démographique est due à l'immigration, qui est souvent voulue par les mêmes milieux de gauche qui nous proposent maintenant cette initiative populaire moralisatrice. Pas besoin de grandes études afin de comprendre qu'un plus grand nombre de personnes signifie plus de consommation de ressources, plus de pollution et une plus grande empreinte environnementale. Il est contradictoire, pour ne pas dire hypocrite, de prôner la réduction de notre empreinte écologique tout en soutenant, en encourageant et en promouvant une immigration continue et incontrôlable. La vraie initiative pour une protection de nos ressources est l'initiative populaire "Pas de Suisse à 10 millions!".
La responsabilité environnementale, oui, la destruction de notre prospérité, non. L'industrialisation a transformé le monde et la Suisse, en bouleversant notre qualité de vie. Aujourd'hui, grâce à cette industrialisation, nous avons la chance de vivre mieux, d'avoir une économie stable et forte, créant de la richesse, et donc une qualité de vie que beaucoup nous envient. Ceux qui souhaitent revenir au temps d'avant cette croissance sont souvent les mêmes qui[NB]ne[NB]souhaitent[NB]renoncer à aucun de leurs conforts d'aujourd'hui.
Cette croissance a été possible grâce à une énergie bon marché et abondante: les énergies fossiles. Nous devons en sortir maintenant, justement afin de protéger notre planète et notre climat. C'est un défi colossal, pour ne pas dire vertigineux. Comme si ce défi n'était pas suffisant, ces mêmes Verts exigent depuis des années l'arrêt du nucléaire, allant ainsi à contre-courant de bon nombre d'experts mondiaux [PAGE 994] qui promeuvent justement le nucléaire comme alternative aux énergies fossiles afin d'atteindre rapidement nos objectifs de réduction des gaz à effet de serre, ceci sans détruire notre économie et nos sociétés. Cela est la réalité, que cela plaise ou non. Notre empreinte environnementale sera améliorée si nous misons rapidement sur le renouvellement de nos centrales nucléaires.
La responsabilité environnementale, oui, la déconstruction de notre économie et de nos PME, non. Cette initiative augmentera les exigences de production pour les biens produits en Suisse, créant un désavantage concurrentiel pour les entreprises suisses par rapport à celles des pays étrangers. Cela mènera à des pertes d'emploi, à une augmentation des prix des biens et des services et, donc, à une diminution du pouvoir d'achat. Nos PME seraient particulièrement menacées, leur capacité à adapter rapidement leur processus de production étant moindre.
La responsabilité environnementale, oui, l'utopie irréaliste, non. La mondialisation a complexifié les chaînes d'approvisionnement, c'est une réalité. L'initiative repose sur des modèles qui, bien qu'utiles, ne peuvent pas capturer toutes les nuances et la complexité des interactions économiques mondiales. Inscrire dans notre Constitution une règle si contraignante ne sera ni efficace ni applicable dans le contexte global dans lequel la Suisse évolue. Si nous voulons gérer souverainement et totalement notre empreinte environnementale, alors commençons par arrêter de brader votation après votation des bribes de notre souveraineté, laquelle fond comme neige au soleil.
Pour résumer: la responsabilité environnementale, oui, l'incohérence politique, non. Pour véritablement avancer vers une économie durable, nous devons aligner nos politiques démographiques et environnementales de manière cohérente et réfléchie, sans céder aux contradictions idéologiques, par exemple concernant l'abandon du nucléaire.
Pour toutes ces raisons, je recommande le rejet de l'initiative populaire pour la responsabilité environnementale sans lui opposer aucun contre-projet et vous invite à en faire de même.