Page Pierre-André · Nationalrat · 2024-06-03
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-06-03
Wortprotokoll
On peut se prendre à rêver d'un avenir idéal pour notre pays: une Suisse où la liberté économique serait fortement entravée, où la prospérité du pays appartiendrait au passé, où la compétitivité helvétique réduite à peau de chagrin ferait de nous un cavalier solitaire sur la scène internationale; une Suisse à deux vitesses, où nos produits, nos services, notre énergie ou encore notre mobilité destinés à notre population, à notre pays, seraient soumis à des exigences quasi impossibles, coûteuses, administrativement contraignantes, et j'en passe; une Suisse où la vitesse [PAGE 1003] de pénétration à travers nos frontières serait illimitée pour ces mêmes produits, ces services, cette énergie ou encore cette mobilité. Pourquoi est-ce que cette vitesse de pénétration serait illimitée? Parce que les conditions de production, de fabrication ou de transformation de tout ce qui vient de l'étranger seraient mille fois plus légères, voire inexistantes.
Et pourquoi donc vivrions-nous dans cette Suisse à deux vitesses? Tout simplement parce que nous aurions accepté l'initiative pour la responsabilité environnementale. Oui, parce que cette initiative, déposée il y a une année maintenant par les Jeunes Verts, le veut ainsi. La Suisse, et seulement la Suisse - s'il vous plaît -, ne devrait utiliser des ressources et émettre des polluants que dans la mesure où les bases naturelles de la vie sont conservées. En d'autres termes, la Suisse serait tenue, dans un délai de 10 ans, c'est-à-dire quasiment après-demain, de réduire fortement les atteintes à l'environnement causées par la consommation nationale, pour que les limites planétaires soient respectées.
Le Conseil fédéral l'explique dans le communiqué où il déclare son opposition à cette initiative: cette obligation s'appliquerait au changement climatique, à la perte de la diversité biologique, à la consommation d'eau, à l'utilisation du sol et aux apports d'azote et de phosphore. Vous l'aurez compris, cette initiative populaire est inacceptable et le Conseil fédéral ainsi que la commission en proposent le rejet sans contre-projet.
Faut-il alors recommander le rejet de cette initiative et ne rien faire? Non: aujourd'hui déjà, nos nombreuses et diverses dispositions légales préservent nos ressources naturelles. Notre Constitution fédérale contient de nombreuses dispositions portant sur le développement durable. Notre Parlement, avec le Conseil fédéral, a déjà fixé des objectifs et engagé des mesures dans des domaines comme la préservation des ressources naturelles, l'économie circulaire, les politiques climatiques et agricoles et le développement durable.
Ne l'oublions pas. Ne nous laissons pas embuer par une idéologie verte qui voudrait voir mourir notre planète Terre très très bientôt. Ne nous laissons pas culpabiliser si nous ne montons pas dans le train de cette ambiance verte. Appliquons rigoureusement les dispositions légales en vigueur et poursuivons consciencieusement nos travaux en cours.
Je vous propose, avec le Conseil fédéral et la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie de notre conseil, de recommander le rejet de cette initiative populaire et de ne pas y opposer de contre-projet.