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Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-06-13

Wortprotokoll

Monsieur le conseiller fédéral et vigneron - car vigneron un jour, vigneron toujours! -, chers amis de la vigne et du vin, pour cette motion, j'ai eu l'honneur, en compagnie de quelques collègues pour d'autres interventions, de figurer dans le bêtisier d'un quotidien qui a recensé les interventions qui, à ses yeux, étaient les plus absurdes et les plus idiotes. J'en suis très honoré.

Cela m'amène tout de même à vous poser une question: à l'heure où, dans toute l'Europe, on assiste au réveil des agriculteurs, alors qu'il n'y a pas si longtemps, des agriculteurs de chez nous ont remis au directeur de l'Office fédéral de l'agriculture les revendications de la branche, est-il vraiment idiot et absurde de demander que, dans nos bistrots, on trouve au moins une moitié de vins suisses? Pour défendre l'une des professions de la terre, la viticulture, suffit-il de retourner les panneaux d'entrée de nos communes? Suffit-il, pour nous, parlementaires, de nous presser à la Galerie des Alpes chaque fois que le groupe vitivinicole organise son apéro - d'ailleurs toujours excellent et sympathique, et avec, bien sûr, des vins suisses?

Ce que je propose, j'admets que ce n'est pas très libéral. Objectivement, ce serait effectivement une atteinte à la liberté économique, mais est-ce aux agriculteurs et aux viticulteurs qui siègent dans ce Parlement que j'apprendrai que, dans le contexte d'une concurrence internationale faussée, déloyale même, le libéralisme, le libre-échange sans barrières ou restrictions, pour eux, c'est la mort?

Le Conseil fédéral nous dit que la contrainte que je propose d'imposer à nos établissements publics ne répondrait à aucun intérêt public - justement - prépondérant. Afin de tenter de nous en convaincre, il nous a envoyé aujourd'hui son meilleur porte-parole: un vigneron! Ancien vigneron, dit-il, mais vigneron. J'ai essayé de le convaincre de revoir sa position en proposant de limiter l'objet de ma motion aux vins de la Côte, mais malheureusement, M. Parmelin est resté inflexible.

Aucun intérêt public, vraiment, à défendre cette profession, plus qu'avec la fameuse enveloppe de 9 millions pour la promotion des vins suisses ou avec la réserve climatique, donc avec des moyens, à mes yeux, complémentaires? Devons-nous considérer que tout va bien? A celles et ceux d'entre vous qui connaissent la situation de la branche, je vous laisse en juger. Aux autres aussi, notamment ici à Berne, où nous savons tous que dans certains établissements, il y a juste zéro vin suisse; aucun vin suisse dans plus d'un établissement de notre capitale fédérale.

Ce que je propose, est-ce disproportionné ou impossible? Pour vous convaincre du contraire, je vous propose un exemple, celui d'un restaurant situé en face de mon bureau, à Sion. Son patron se reconnaîtra peut-être: c'est un fin connaisseur et amateur de vins tant suisses qu'étrangers, mais c'est un patriote, pour les vins aussi. Sur sa carte, on voit nombre de bons vins, parfois de grands crus étrangers, mais jamais à des prix de nature à concurrencer les vins suisses qu'il propose en parallèle à ses clients. Les crus au verre sont presque 100 pour cent des vins suisses. Ce qui est donc possible, concrètement, pour soutenir nos viticulteurs, serait-ce trop demander? Evidemment non, à mes yeux. Et s'il devait y avoir un peu moins de 50 pour cent de vins suisses, mais au moins toujours du vin de chez nous, cela irait aussi, bien sûr - ce serait déjà ça.

Voilà pourquoi je vous propose d'apporter votre soutien à cette motion, dont les détails pourront être affinés au stade de la mise en oeuvre. Merci pour nos viticulteurs.

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