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Walder Nicolas · Nationalrat · 2024-09-09

Walder Nicolas · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2024-09-09

Wortprotokoll

Le groupe des Verts vous remercie pour le très bon et intéressant rapport de politique extérieure pour l'année 2023. Nous partageons en grande partie l'analyse du Conseil fédéral. La situation mondiale est en effet extrêmement préoccupante.

Cette situation rend plus urgente que jamais la nécessité d'ancrer nos relations bilatérales avec l'Union européenne dans la durée. C'est pourquoi le groupe des Verts se félicite de la reprise des négociations pour un paquet Bilatérales III. Cet accord devrait être la priorité pour le Conseil fédéral au vu de ses enjeux. Nous espérons que le Conseil fédéral y mettra toute l'énergie nécessaire pour que les négociations aboutissent dans le plus bref des délais.

C'est avec satisfaction que nous constatons dans ce rapport que la Suisse s'est engagée pour la défense de nos valeurs, par exemple au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, où la Suisse s'est engagée fortement pour la résolution 1325, "Femmes, paix et sécurité". Il faut également saluer le travail de la Suisse dans la coopération au développement. On peut notamment citer son engagement très important pour une meilleure sécurité alimentaire, domaine dans lequel la Suisse dispose d'une bonne expertise, et les efforts importants dans la promotion de la paix, qui méritent également d'être relevés. Nous tenons donc à remercier la DDC et la division Paix et droits de l'homme pour le travail très apprécié qu'elles ont accompli l'année dernière et pour leur engagement sans faille. Ce travail fructueux ne va pas de soi en ces temps difficiles; il est bon de le rappeler.

Ce qui nous manque cependant, c'est la perspective d'un engagement cohérent de la Suisse dans la coopération internationale et pour l'Agenda 2030 de l'ONU. En raison des besoins énormes et des reculs dans la mise en oeuvre de cet agenda, la Suisse devrait, d'autant plus comme pays riche, accroître son engagement. Cela m'amène à la stratégie de politique étrangère pour les années 2024-2027. Là aussi, nous partageons largement les analyses présentées, notamment en ce qui concerne les différents conflits et leurs causes. Nous saluons le fait que la Suisse veuille s'engager en tant que bâtisseuse de ponts pour la paix et les droits de l'homme. A la page 15 du rapport, il est écrit que la Suisse veut mettre davantage en valeur sa conception globale de la sécurité au-delà de la stricte dimension militaire. C'est un message très important, car notre sécurité ne sera assurée que dans un monde stable, coopératif et respectueux de l'ordre international, car, quel que soit le budget militaire que l'on votera ici, un petit pays comme la Suisse ne pourra jamais être en sécurité dans un monde chaotique où règne la loi du plus fort. C'est ainsi que la coopération internationale peut et doit contribuer à la sécurité de la Suisse, notamment grâce à la promotion de la paix, mais aussi à travers la coopération au développement.

Les deux rapports fournissent de nombreux arguments qui plaident pour un renforcement de la coopération internationale, mais c'est malheureusement le contraire qui est annoncé par la Suisse. Nous saluons bien entendu l'augmentation de l'engagement de la Suisse en Ukraine. Cela fait bientôt trois ans que le groupe des Verts demande un financement responsable pour l'Ukraine. Nous avions déjà estimé à 5 milliards de francs la participation que la Suisse devrait apporter à l'Ukraine. Parce que notre groupe considère que la Suisse peut et doit faire plus pour l'Ukraine, sachant que nous ne participons pas à son effort de guerre et que de sa capacité de résistance dépend aussi la sécurité de notre continent et la défense de nos valeurs, nous sommes très satisfaits de voir le Conseil fédéral se rallier à notre demande. Toutefois, nous rejetons l'idée que la reconstruction de l'Ukraine doit être prélevée sur le budget de la coopération internationale. Enlever au Sahel ce que l'on donne à l'Ukraine ne conduira pas à un monde plus stable, d'autant plus pour des objectifs qui n'ont pas grand-chose à voir avec la coopération au développement, mais plutôt avec la promotion économique, si l'on en croit l'ordre de mission du nouveau délégué du Conseil fédéral pour l'Ukraine.

Pourtant, ce que prévoit le Conseil fédéral, c'est de réduire le budget de la coopération internationale dans la nouvelle stratégie, sans parler du fait que le Conseil des Etats a, du moins provisoirement, encore aggravé la situation avec des mesures d'économie. C'est inacceptable au vu de la situation mondiale actuelle et définitivement en contradiction avec les nombreux objectifs de la stratégie de politique étrangère. Réduire la coopération au développement est incompréhensible, non seulement en raison des besoins croissants des populations les plus fragiles, mais aussi de la situation géopolitique mondiale. Au chapitre 2 de la stratégie de politique étrangère, il est écrit que les Etats Brics exercent une influence croissante sur les pays du Sud global. Si l'on pense à la Russie ou à la Chine, ce n'est évidemment pas à l'avantage des droits humains et des valeurs démocratiques pour lesquelles la Suisse ne cesse de s'engager. Et ce n'est pas[NB]non[NB]plus[NB]à[NB]l'avantage des intérêts économiques de notre pays qui dépendent, faut-il le rappeler, d'un ordre multilatéral stable.

C'est pourquoi le groupe des Verts demande que, face à de tels enjeux, la coopération internationale de la Suisse soit développée en lui donnant plus de moyens et plus de poids politique. Nous espérons vivement que le Conseil fédéral fera finalement preuve de cohérence en se donnant les moyens d'atteindre ses objectifs et ainsi de défendre au mieux les intérêts de notre pays.

Pour conclure, nous aimerions encore une fois vous remercier pour les deux très bons rapports, que nous acceptons, ainsi que pour le travail accompli en 2023.