Clivaz Christophe · Nationalrat · 2024-09-10
Clivaz Christophe · Nationalrat · Wallis · Grüne Fraktion · 2024-09-10
Wortprotokoll
Pourquoi demander une augmentation de 32 millions de francs du budget quadriennal accordé à la revitalisation des eaux, ce qui le ferait passer de 146 millions à 178 millions de francs? Parce que cette augmentation est nécessaire. La Confédération s'est en effet engagée, dans le cadre du contre-projet à l'initiative populaire "Eaux vivantes" déposée par la Fédération suisse de pêche (FSP), à revitaliser 4000 kilomètres de cours d'eau, soit environ 50 kilomètres par an, d'ici 2090. Or, nous sommes très loin d'atteindre cet objectif, avec moins de 20 kilomètres de cours d'eau revitalisés par année. Ces 32 millions de francs sont demandés par les cantons qui sont, en effet, prêts à en [PAGE 1404] faire davantage qu'aujourd'hui et à mettre plus d'argent à disposition. Mais ils ont besoin du cofinancement de la Confédération. La Conférence suisse des directeurs cantonaux des travaux publics, de l'aménagement du territoire et de l'environnement, ainsi que la Conférence pour la forêt, la faune et le paysage demandent ainsi que le crédit de la Confédération soit augmenté. Les cantons sont très actifs dans le domaine des revitalisations. Ils ont engagé de nombreux projets et initié des processus cantonaux de financement dans le cadre de procédures participatives exigeantes. Sans ces fonds supplémentaires, les cantons devraient reporter des projets qui n'attendent plus que leur mise en oeuvre. Les efforts en matière de revitalisation risquent ainsi de prendre des années de retard, et les objectifs de revitalisation ne seraient alors pas atteints par la Confédération et les cantons.
J'aimerais aussi attirer votre attention sur le fait que les projets de revitalisation des eaux sont souvent aussi des projets de protection contre les crues. Nous avons vu cet été, dans certaines vallées alpines, les dégâts importants dus au débordement de cours d'eau. En investissant aujourd'hui un peu plus d'argent, la Confédération éviterait de devoir ensuite soutenir les régions impactées par des crues.
Malgré une situation tendue sur le plan des finances fédérales, n'oublions pas que les coûts de l'inaction sont, dans ce domaine, extrêmement élevés. C'est un mauvais calcul d'économiser aujourd'hui pour devoir dépenser bien davantage demain dans les mesures de réparation suite à des épisodes de fortes précipitations, qui s'annoncent de plus en plus fréquents avec le réchauffement climatique.
Pour ces raisons, je vous prie de soutenir ma proposition de minorité visant à donner davantage de moyens à la revitalisation des eaux.