Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2024-09-11
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-09-11
Wortprotokoll
Je ne connais personne dans cette salle, et surtout pas au sein de la minorité dont je suis le porte-parole, qui ose manifester la moindre compréhension à l'égard des pédophiles, pas plus d'ailleurs qu'à l'égard des abuseurs de personnes vulnérables - pour reprendre la terminologie du postulat 24.3472 de notre Commission des affaires juridiques. Le débat est donc ailleurs, et, d'abord, au niveau de la cohérence. On n'oublie pas, en effet, qu'en 2014 l'UDC était seule, mais avec le peuple, à soutenir l'initiative populaire "pour que les pédophiles ne travaillent plus avec des enfants" et que le groupe UDC était seul, ensuite, à s'engager pour que le Parlement n'édulcore pas cette initiative au stade de sa mise en oeuvre. On n'oublie pas non plus que, tout récemment, dans le cadre de la révision du droit pénal en matière sexuelle, peu des auteurs des motions que nous traitons aujourd'hui en bloc - si d'ailleurs il y en avait - ont suivi le groupe UDC lorsque nous demandions un durcissement des peines réprimant les abus sexuels en tout genre. Là encore, le message que la minorité de la commission souhaite délivrer est limpide, sans la moindre ambiguïté: pas de pitié pour les pédophiles, pas de pitié pour les abuseurs!
Alors, pourquoi faire cette proposition de minorité? D'abord parce que, s'il s'agit de surveiller les églises ou d'autres communautés religieuses ou encore les écoles, cette surveillance, constitutionnellement, est de la compétence des cantons. Le Conseil fédéral l'a lui-même rappelé dans son avis relatif aux diverses motions dont nous parlons ici, tout comme il a rappelé que la Confédération n'a aucune compétence de surveillance des associations, à moins qu'elle ne les subventionne. Il a encore rappelé que divers dispositifs préventifs sont déjà en place dans le domaine du sport.
Ce qui choque surtout la minorité, c'est cette espèce de soupçon généralisé que ces motions, mais aussi ce postulat, font peser sur les églises - toutes les églises, d'ailleurs, et pas seulement l'Eglise catholique -, sur tous les clubs sportifs et, d'une manière générale, sur toutes les associations ou organisations de ce pays qui s'occupent d'enfants, de jeunes ou de personnes vulnérables. Elles s'en occupent avec nombre de bénévoles, qui sont de plus en plus difficiles à trouver. En plus d'instaurer injustement un soupçon généralisé, l'esprit de toutes ces interventions est aussi une forme de punition collective qui nous paraît tout aussi injuste. Ceux qui méritent d'être punis, ce sont les abuseurs, les criminels, mais pas les institutions, ni les associations ni l'ensemble de leurs membres et autres fidèles.
Alors, à quoi bon avoir un rapport alors que la majorité de ce Parlement, il y a peu, a raté l'occasion de durcir les peines encourues par les abuseurs en tout genre? A quoi bon commander un rapport de plus? Il y a déjà tant à faire au niveau de la prévention, si difficile à mettre en place dans cette matière si particulière des abus sexuels. Il y a déjà tant à faire pour encourager et pour aider les victimes à parler et pour que la tolérance zéro, pour laquelle s'engage la minorité, se traduise vraiment dans la réalité judiciaire. Voilà la priorité pour les anciennes victimes et, malheureusement, pour celles à venir.
Voilà pourquoi la minorité vous propose de rejeter tant le postulat de la commission que les motions que nous traitons en même temps.