Nantermod Philippe · Nationalrat · 2024-09-12
Nantermod Philippe · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2024-09-12
Wortprotokoll
Le recours systématique à la réglementation partout, tout le temps, est probablement la maladie de notre époque, la maladie de notre continent, un fantasme selon lequel nous nous trouvons toujours à une loi du bonheur, à une loi de la perfection. On connaît la boutade qui dit que les Américains innovent, que les Chinois copient et que les Européens régulent. Elle est un peu éculée, cette blague, mais elle est quand même assez vraie. A chaque proposition déposée, elle se confirme un peu plus.
Pensez: il y a seulement 20 ans, la plupart des téléphones mobiles que vous aviez dans votre poche étaient européens, étaient scandinaves - Ericsson et Nokia. 20 ans après, il n'y en a plus un; 20 ans après, ils sont tous inventés et fabriqués en Californie ou en Asie. Au cours des dernières années, nous avons adopté, poussés par nos voisins européens, des règles infernales sur la protection des données, qui n'ont jamais protégé les citoyens, par exemple des règles qui nous imposent d'accepter à longueur de journée des politiques de protection des données dont nous n'avons rien à faire ou de cliquer pour accepter des cookies qui nous cassent les pieds, sans aucune plus-value pour les citoyens; des règles qui ont tué l'innovation en Europe.
Encore cette semaine, l'Union européenne s'est vantée d'avoir réussi à faire condamner Google et Apple - beau résultat, beau succès -, Apple, qui annonce dans la foulée ne plus proposer ses produits avec ses dernières innovations. La minorité de la commission ne veut pas de nouveaux articles constitutionnels. La minorité de la commission ne veut pas de nouvelles lois. La minorité veut libérer les entrepreneurs, les porteurs d'innovation. Nous ne voulons pas de nouvelles lois; nous voulons de nouvelles entreprises. En Suisse aussi, et pas seulement en Californie. Permettez-moi de citer Ronald Reagan - ce n'est pas souvent que je peux le faire à la tribune, mais j'aime le faire - à propos de la vision technocratique de l'économie que nous avons souvent en Europe: "Si ça bouge, ajoute des taxes. Si ça bouge toujours, impose des lois. Si ça s'arrête de bouger, donne des subventions." C'est exactement ce que nous avons tendance à faire en Europe: nous taxons, nous taxons, nous régulons, nous régulons, et, à la fin, quand ça ne marche plus, nous le subventionnons, en espérant inventer un Google européen, une intelligence artificielle européenne, mais on sait très bien que nous serons toujours à la traîne. Il est temps de changer de manière de fonctionner, de faire confiance aux entrepreneurs, aux gens qui innovent, et d'arrêter de croire que nous sommes à un clic, en acceptant un cookie, de se protéger.
Pour cette raison, je vous invite à rejeter ce postulat.