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Chappuis Isabelle · Nationalrat · 2024-09-18

Chappuis Isabelle · Nationalrat · Waadt · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2024-09-18

Wortprotokoll

Si la majorité de la Commission de la politique de sécurité a choisi de ne pas entrer en matière sur l'arrêté fédéral 5, une minorité a soutenu l'entrée en matière. Le groupe du Centre en faisait partie. Je ne vous apprends rien, nous l'avons dit maintes fois: nous vivons aujourd'hui dans un contexte international plus que tendu, marqué par le retour de la guerre en Europe et des tensions géopolitiques croissantes. C'est dans ce cadre que nous sommes appelés à nous prononcer sur le message sur l'armée 2024.

Pour la première fois, le Conseil fédéral a soumis à notre examen cinq arrêtés fédéraux d'une portée considérable pour l'avenir de notre défense nationale. Ces arrêtés déjà mentionnés vont des valeurs cible au plafond des dépenses en passant par l'acquisition de matériel. Ensemble, les choix que nous devons faire aujourd'hui détermineront la capacité de notre pays à répondre aux défis sécuritaires de demain. Cette approche nouvelle, qui consiste à nous impliquer davantage dans le processus décisionnel, nous offre une opportunité sans précédent de façonner l'avenir de notre armée. Elle nous place également face à une responsabilité immense, celle de prendre des décisions stratégiques qui auront des répercussions sur les décennies à venir.

Bien que la Commission de la politique de sécurité soit entrée en matière au début des débats - nous étions donc d'accord de nous mettre d'accord malgré nos désaccords -, bien que nous ayons trouvé des majorités pour les cinq textes proposés, tout s'est arrêté lorsqu'une majorité de la commission a refusé le cinquième arrêté lors du vote sur l'ensemble, c'est-à-dire l'arrêté qui concerne le plafond des dépenses de l'armée. Avec une telle décision en commission, tout aurait dû s'arrêter. Pourtant, si nous sommes ici aujourd'hui, c'est de toute évidence que nous voulons trouver une solution pour notre armée et pour notre sécurité. Je vais me répéter: la situation politique a radicalement changé. Les trois décennies de paix relative que nous avons connues depuis la fin de la guerre froide se sont brutalement terminées. Le monde a changé. Il y a 114 guerres dans le monde, dont une en Europe. Ce n'est pas le moment de traîner, encore moins de ne pas décider. Quelle que soit notre analyse du scénario le plus probable, quel que soit notre positionnement politique, nous partageons tous, j'en suis convaincue, l'objectif primordial qui est de garantir la sécurité et la liberté de notre nation et de nos concitoyens.

C'est pourquoi je vous demande d'entrer en matière et d'engager un débat approfondi sur ces cinq arrêtés. Débattons des orientations stratégiques de notre armée pour la prochaine décennie. Quels sont les dangers concrets et surtout quels sont ceux à venir? Examinons avec attention les propositions d'acquisition et d'investissement. De quoi notre armée a-t-elle besoin et de quoi aura-t-elle besoin à l'avenir? Ne pas décider n'est pas une option. L'abstention ou le refus d'entrer en matière serait une abdication de notre responsabilité parlementaire. Nous examinerons donc chaque détail avec attention et proposerons des amendements si nécessaire. L'idée n'est pas de dire oui à tout, l'idée est de prendre des décisions réfléchies pour l'avenir de notre défense nationale. Parce que mettre à jour et renforcer nos capacités de défense, qu'elles soient technologiques ou industrielles, prend du temps. Entre la commande et la livraison des équipements, de longues années peuvent s'écouler.

On parle beaucoup de frein à l'endettement et de dettes que nous ne voulons pas laisser à nos enfants. Soyons clairs: nous ne pouvons pas laisser une dette sécuritaire aux générations futures. Il est impératif d'agir dès maintenant pour anticiper ces délais et assurer une sécurité durable pour notre pays.

Je vous remercie de votre attention et vous invite, au nom du groupe du Centre, à entrer en matière sur les cinq arrêtés fédéraux du message sur l'armée 2024.