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Andrey Gerhard · Nationalrat · 2024-12-03

Andrey Gerhard · Nationalrat · Freiburg · Grüne Fraktion · 2024-12-03

Wortprotokoll

Le projet de budget tel qu'il nous est présenté aujourd'hui est marqué par une pensée à court terme et un manque de perspective sur le long terme. La tactique de la majorité bourgeoise de la Commission des finances visait à respecter à toute force le frein à l'endettement en procédant à des coupes massives et à des caprices comptables, tout en poussant à une nouvelle augmentation massive et précipitée des dépenses d'armement. Si nous n'intervenons pas en plénière et dans le cadre de l'élimination des divergences avec le Conseil des Etats, cela aura des conséquences massives dans de nombreux domaines des tâches publiques, par exemple, des coupes transversales indifférenciées dans l'ensemble de l'administration, mais aussi, ce qui est particulièrement choquant, des coupes massives dans la coopération internationale. Tout cela sans avoir mené une discussion matérielle sérieuse sur ce que ces changements signifieraient pour notre pays dans un contexte global.

Disséquons le noyau dur de tout le projet: les dépenses militaires. Une nouvelle augmentation supplémentaire du budget militaire de 660 millions de francs en 2025, c'est-à-dire le réarmement à hauteur d'un pour cent du PIB à l'horizon 2030, a été présentée ces derniers mois comme absolument indispensable. Et ce, après que le Parlement et le Conseil fédéral ont trouvé avec difficulté un compromis dans le budget 2023 [PAGE 2063] et sa planification pour laisser les dépenses de l'armée augmenter de manière certes forte, mais un peu plus digeste, afin d'atteindre ce fameux objectif d'un pour cent du PIB en 2035.

Sans parler du fait que l'indicateur du PIB pour l'armée de milice suisse ne peut être utilisé pour effectuer une comparaison avec d'autres armées, il s'agissait déjà d'une augmentation énorme qui nécessitait des coupes très douloureuses dans d'autres domaines. Cette augmentation intervient dans une phase de réarmement global qui fait grimper les prix du matériel de guerre et exige de garder la tête froide en matière d'acquisitions. La rapidité avec laquelle ces 660 millions de francs, apparemment irrévocables, ont été réduits de 130 millions en quelques minutes seulement, une fois de plus sans débat fondé, montre à quel point ce processus n'a pas[NB]été[NB]systématique et a été peu réfléchi. Il manque manifestement une stratégie claire quant à l'utilisation concrète de ces fonds.

Il est regrettable qu'autant d'énergie politique ait été gaspillée ces derniers mois pour ce va-et-vient. Nous devrions de toute urgence négocier beaucoup plus intensément pour une politique de sécurité globale, dans ce contexte en particulier, en faveur de la coopération internationale. Celle-ci repose sur la tradition de la neutralité, l'orientation vers le droit international et la promotion de la paix globale. Pour un petit pays neutre comme la Suisse, ces éléments sont justement cruciaux pour la sécurité. Une politique de paix globale est la meilleure politique de sécurité; la négliger n'est pas responsable.

Venons-en aux coupes transversales. Celles qui concernent surtout le personnel et les services externes sont également l'expression d'une compréhension purement mécanique du processus budgétaire. Au lieu de prendre des décisions ciblées, on procède à des coupes globales sans s'intéresser aux conséquences. Ces coupes montrent qu'il n'y a pas de volonté politique d'assumer la responsabilité de telles décisions. Quiconque veut faire des coupes doit indiquer clairement où et pourquoi, et faire face aux conséquences. Le budget présenté ne répond ni aux exigences de stabilité à long terme ni à celles d'une planification responsable; il repose sur des décisions à courte vue.

Notre groupe rejette ce budget dans sa forme actuelle. Nous sommes néanmoins prêts à travailler à une solution qui respecte les principes de concordance, de durabilité et de clairvoyance. Peut-être parviendrons-nous à apporter une correction ou une autre lors des négociations.