Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2024-12-04
Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-12-04
Wortprotokoll
Ma proposition de minorité III porte sur différentes rubriques et vise une augmentation, par exemple pour l'action humanitaire, la coopération au développement bilatéral et la contribution à des organisations multilatérales. Les coupes proposées par les partis de droite dans la coopération au développement et dans la solidarité internationale sont irresponsables et porteront atteinte à la réputation de notre pays si elles sont adoptées. Le Conseil fédéral a déjà opéré des coupes importantes et a intégré l'aide à l'Ukraine dans l'aide au développement, diminuant d'autant le soutien aux pays les plus pauvres de la planète. Mais la droite de notre Parlement a voulu aller encore plus loin et s'est prêtée au jeu cynique de qui coupera le plus!
Les socialistes ont toujours milité pour plus de soutien à l'Ukraine, mais pas au détriment des pays du Sud. La politique consistant à habiller Jean pour déshabiller Paul est un non-sens. Il y a d'autres moyens d'augmenter notre solidarité vis-à-vis de l'Ukraine. Celles et ceux qui redoutent une augmentation de l'immigration refusent aussi de soutenir les pays qui en ont le plus besoin. Nous en mesurerons les effets dans quelques années.
En commission, il y a eu un refus d'écouter les experts dont l'expérience est confirmée et qui nous ont rappelé que l'action de la Suisse est reconnue en matière de coopération au développement et porte ses fruits. Les programmes mis en oeuvre par la Suisse, notamment dans un certain nombre de pays africains, contribuent efficacement à lutter contre la pauvreté et à mettre en place des structures stables. C'est un facteur qui permet de limiter la migration, car les populations précarisées de manière chronique ne quittent pas leur pays de gaité de coeur, mais recherchent simplement une vie plus digne.
De la même manière, il est absurde de vouloir conditionner l'aide au développement à des accords de réadmission de certains migrants. Une telle mesure n'aura pas forcément d'effet sur les Etats concernés, mais sanctionnera injustement les populations locales qui seront privées de ce soutien.
En 2011, le Parlement s'était engagé à atteindre l'objectif de 0,5 pour cent du revenu national brut dans l'aide publique au développement d'ici à 2015 pour respecter les engagements internationaux de la Suisse. En 2015, cet objectif a été presque atteint, mais en 2023, le taux n'était plus que de 0,43 pour cent. Nous proposons maintenant de le porter à nouveau à 0,5 pour cent, alors que pour beaucoup d'autres pays, cet engagement devrait plutôt être de 0,7 pour cent.
Le Conseil fédéral a toujours été clair sur le fait que la politique de sécurité doit être vue globalement. On doit donc considérer la coopération au développement comme une contribution à la stabilité de certaines régions, et non voir l'augmentation du budget de l'armée comme seule garantie de notre sécurité. Nous vivons une époque de conflits et de crises régionales qui entraînent de l'instabilité. La Suisse a la chance de vivre dans un environnement de paix. Il est légitime de partager un peu de notre prospérité. Nous devons poursuivre nos engagements en faveur des droits humains et du respect du droit international. La coopération au développement reste le moyen le plus efficace de prévenir les conflits armés et la pauvreté.
Nous rejetterons la proposition Zuberbühler qui vise à couper tous les fonds versés à l'UNRWA. Nous constatons un aveuglement et un acharnement incompréhensible contre cette agence qui est pourtant la seule à pouvoir organiser le soutien à la population palestinienne de Gaza, qui est dans un état indescriptible. Les accusations infondées sur une collusion de cette agence avec le Hamas ont été balayées par des enquêtes indépendantes. Tous les experts crédibles ont rappelé que l'UNRWA était pour l'instant irremplaçable.
Sur la base de ces considérations, je vous demande de renoncer à ces coupes drastiques issues de la commission, de soutenir ma proposition de minorité III - au minimum de revenir à la version du Conseil fédéral.