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Gapany Johanna · Ständerat · 2024-12-04

Gapany Johanna · Ständerat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2024-12-04

Wortprotokoll

Comme mes prédécesseurs, j'espère vous voir suivre la majorité. Je mettrai davantage en avant nos investissements pour la formation et la situation sur le marché du travail.

En Suisse, on a tout mis en place pour favoriser la formation pour toutes et tous et pour garantir l'égalité des chances à la naissance, peu importe d'où l'on vient et notre genre, ce qui n'est pas un acquis, vu la situation dans le monde aujourd'hui. C'est clair que c'est un coût pour la Suisse, pour la Confédération. C'est surtout un investissement, parce qu'une économie qui fonctionne bien a besoin de main-d'oeuvre. Elle a besoin de main-d'oeuvre qualifiée. Une économie qui fonctionne bien améliore notre qualité de vie, nos retraites, la qualité des infrastructures et, bien sûr, la cohésion sociale. Cet investissement dans la formation et dans l'avenir est donc un excellent choix que la Suisse a fait.

Aujourd'hui, on a juste un tout petit problème, qui n'est pas relatif à la formation et à la diversité économique: notre petit problème est la pénurie massive de main-d'oeuvre. Certaines entreprises engagent à l'étranger, d'autres entreprises - qui peuvent le faire - décident de délocaliser, d'autres encore renoncent à une croissance ou à une diversification de leurs activités par manque de main-d'oeuvre, et d'autres réduisent leurs exigences. La plupart du temps, ces solutions ne sont pas favorables à la Suisse. S'il fallait illustrer le mot "gâchis", on a une belle représentation, parce qu'on investit dans la formation - on investit sur le plan fédéral -, dans la promotion économique et l'on dévalorise ou gâche cela avec une politique familiale qui est aujourd'hui trop fragile.

Pourquoi cela a-t-il changé? A l'époque, la séparation des tâches dans un couple favorisait le fait que l'un reste à la maison et que l'autre aille au travail. Etant donné qu'aujourd'hui les femmes sont aussi bien formées que les hommes et que de plus en plus de grands-parents travaillent également, on a besoin d'autres solutions que simplement des solutions familiales. Mais un élément n'a pas beaucoup changé: aujourd'hui - notre collègue Maya Graf l'a rappelé précédemment avec des chiffres -, une grande partie des parents, en particulier les mamans, réduisent leur temps d'emploi ou quittent le monde professionnel à l'arrivée du premier, voire du deuxième enfant. C'est bien sûr une décision qui a des effets sur leur carrière - c'est-à-dire sur leur situation personnelle -, mais cela a également des effets sur leur retraite et cela n'arrange, bien sûr, rien à notre problème de pénurie de main-d'oeuvre. Parmi les principales raisons évoquées, il y a bien sûr le coût de la garde extrafamiliale et la question des impôts. Ce qu'ont fait jusqu'à maintenant les employeurs, les communes et les cantons est à saluer. Certains ont fait un énorme travail, mais la situation sur le marché de l'emploi doit nous encourager à faire encore mieux à l'avenir.

Cela m'amène au projet de la commission. Je serai relativement brève, puisque beaucoup d'arguments ont déjà été mis en avant. Mais la solution proposée par la commission permet justement de faire mieux. Au problème national qu'est la pénurie de main-d'oeuvre, on apporte une solution nationale, qui respecte le principe du fédéralisme, parce que le financement de l'allocation de garde est à définir par chaque canton. Pour les cantons qui ont déjà mis en place certains systèmes, comme le canton de Vaud ou mon canton, par lesquels un financement est déjà fait par plusieurs parties, ce financement peut être repris pour mettre en place l'allocation de garde. C'est extrêmement important et c'était extrêmement important pour la commission, puisque l'on a pris en compte ce qui avait été dit par les cantons dans le cadre de la consultation.

La solution proposée a aussi l'avantage, et pour moi c'est déterminant, de soutenir avant tout les parents qui travaillent, parce que l'allocation est conditionnée au fait de travailler; si on veut lutter contre la pénurie de main-d'oeuvre, et c'est ici aussi notre objectif, c'est déterminant. Finalement, la solution est très suisse, parce qu'on s'inspire d'un système qui existe déjà, celui des allocations familiales, pour mettre en place l'allocation de garde; on respecte le fédéralisme, on n'intervient pas, et ça, c'est important, dans le choix familial - chacun reste libre de ses choix -, on met en place un soutien ciblé pour les parents qui travaillent et les structures de garde sont d'abord une solution de conciliation permettant de travailler lorsqu'on a des enfants.

Après ces quelques mots, j'espère vous voir soutenir la majorité de notre commission qui a longuement étudié toutes les solutions, toutes les situations, toutes les réalités dans les différents cantons, pour livrer la solution qui est la plus réaliste, la plus supportable et la plus durable.