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Sommaruga Carlo · Ständerat · 2024-12-09

Sommaruga Carlo · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2024-12-09

Wortprotokoll

Je remercie notre collègue Chassot pour son intervention extrêmement complète sur la question de l'aide au développement, de la coopération internationale et de l'élément structurant de cette aide dans notre politique étrangère et notre présence à l'étranger.

J'aimerais toutefois rappeler, après les interventions de notre collègue Friedli Esther et de notre collègue Gmür-Schönenberger, que, la semaine passée, le Conseil fédéral, par le Département fédéral des affaires étrangères a publié un document intitulé "La coopération internationale, partie intégrante de la politique de sécurité". Ce document montre qu'il n'y a pas de contradiction entre la coopération internationale et les dépenses pour la sécurité et l'armée, mais qu'il y a une complémentarité. Je cite ce document: "La sécurité de la Suisse dépend de la résolution de problèmes mondiaux. Pour cette raison, la Suisse a une conception globale de la sécurité, qui dépasse la dimension militaire. Elle réduit ses risques sécuritaires en s'appuyant sur la coopération internationale, notamment dans les domaines du changement climatique, de l'interdépendance économique, de la santé mondiale, de l'extrémisme, de la migration et des déplacements forcés, et du multilatéralisme." En fait, ce document montre bien que la "détérioration de la situation en matière de sécurité à l'échelle planétaire tient en grande partie à la stagnation, voire à la régression, enregistrée en matière de développement durable, par exemple dans les domaines de la pauvreté, de la faim, de l'éducation, de la croissance économique, du climat et de la biodiversité ou de la paix." Ce sont tous des domaines qui ont été évoqués de manière très concrète par notre collègue Isabelle Chassot. Ces éléments ont une influence directe sur la situation sécuritaire, non seulement à travers le monde, mais également vis-à-vis de la Suisse. Avec la coopération internationale, à savoir la coopération au développement, l'aide humanitaire et la promotion de la paix, la Suisse dispose d'instruments pour réduire les risques dans différents domaines. Cela me paraît extrêmement important et montre bien que la proposition de la majorité, avec son articulation entre une augmentation du budget de l'armée - qui, pour moi, pose problème, mais c'est la couleuvre à avaler dans le cadre de ce compromis - et le fait de limiter la coupe dans le domaine de la coopération internationale, est cohérente avec ce que le Conseil fédéral et donc le DFAE et la DDC expriment dans le document que j'ai cité.

J'aimerais encore évoquer un deuxième élément. On a indiqué tout à l'heure, par la bouche de notre collègue Friedli Esther, qu'il fallait que l'on réduise le budget des ONG de notre pays. J'aimerais dire que les ONG de notre pays, soit celle que je préside - je suis effectivement président de Solidar, qui reçoit une contribution de la Confédération - ou les autres, sont des organisations extrêmement contrôlées. Elles sont contrôlées par la fondation Zewo, par l'Union européenne, parce qu'elles reçoivent de l'argent de l'Union européenne, par l'ONU, par la DDC et aussi par la Chaîne du bonheur. En d'autres termes, ce sont des organisations qui sont peut-être même plus contrôlées que des sociétés privées de manière générale. Et les standards qui leur sont imposés sont extrêmement importants. Donc, dire que les organisations peuvent tout simplement réduire leurs frais de fonctionnement alors qu'ils sont extrêmement limités en raison des exigences de ces organes de contrôle, c'est se tromper de cible. Ce sont finalement les populations locales qui seront les victimes de la diminution des crédits qui sont destinés aux ONG de ce pays.

Dès lors, je vous invite à suivre la majorité, qui tient compte de la dimension politique de la coopération internationale, en limitant au strict minimum la coupe dans le cadre de ce budget, alors même que l'on a déjà coupé de manière considérable l'aide au Sud en raison de la contribution de 1,6 milliard de francs sur quatre ans en faveur de l'Ukraine et surtout, on peut le dire, en faveur des entreprises suisses, pour un demi-milliard de francs, qui s'engagent en Ukraine.