Page Pierre-André · Nationalrat · 2024-12-17
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2024-12-17
Wortprotokoll
Je rapporte au nom d'une très large minorité de la Commission de politique extérieure de notre conseil à propos de l'objet 24.081, "Déclaration du Conseil national. Reconnaissance du génocide des Yézidis".
Tous les membres de notre commission sont sensibles aux souffrances infligées aux Yézidis, en particulier aux personnes âgées, aux femmes et aux enfants de cette communauté. Il s'agit d'une minorité ethno-religieuse aux racines ancestrales en Irak, en Turquie, en Syrie et en Iran. Dès le mois d'août 2014, les Yézidis ont été les victimes d'une offensive d'extermination d'une organisation djihadiste, l'Etat islamique. Ces faits ne sont pas contestés par les représentants de notre minorité. Par ailleurs, notre très large minorité est attachée à la justice, à la lutte contre l'impunité et au système de justice pénale international, comme nous sommes convaincus que l'ensemble de la communauté internationale doit veiller de manière permanente à l'application du droit pénal international.
Cela ainsi réaffirmé, rappelons que cette tragédie a déjà été reconnue comme génocide par l'Organisation des Nations Unies. Alors, c'est pour cette raison qu'une très large minorité de la commission est de l'avis qu'il ne revient pas au Parlement de reconnaître les crimes commis à travers le monde. Cette reconnaissance officielle de la tragédie des Yézidis entraînerait logiquement de nombreuses reconnaissances d'autres conflits dramatiques que notre monde connaît et vit aujourd'hui; d'autres conflits dont je vous épargne l'énoncé de la triste liste tellement elle nous est, hélas, trop bien connue.
J'ajoute que les représentants de notre très large minorité pour cet objet ont rejoint la commission qui a décidé, sans opposition, de ne pas donner suite à la pétition 23.2030, "Reconnaissance du génocide des Yézidis commis en 2014". En effet, les requêtes formulées par cette pétition vont bien au-delà de la simple reconnaissance du génocide.
En conclusion, et je le répète volontiers, il ne revient pas à notre Parlement de reconnaître tous les crimes commis à travers le monde. Ne créons pas un dangereux précédent avec une pareille reconnaissance. Au contraire, utilisons tous nos moyens diplomatiques pour lutter contre le terrorisme islamique et contre les violations du droit international, ce que nous faisons d'ailleurs déjà. La décision a été prise par 10 voix contre 12 et 1 abstention.
Je vous invite donc, au nom de la minorité de la commission, à rejeter ce projet de déclaration de notre conseil.