AB 350658
Michaud Gigon Sophie · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2024-12-18
Wortprotokoll
Un jour avant le début de la session d'hiver se terminait le tourisme de changement de caisse. Comme des milliers de Suisses, j'ai envoyé une lettre recommandée pour quitter une caisse-maladie qui augmentait massivement les primes mensuelles pour les quatre membres de ma famille. J'espère ainsi retrouver une caisse où l'augmentation sera plus faible. C'est la routine de nombreuses familles et ménages, avec un degré de ras-le-bol important, mais aussi un degré d'angoisse variable en fonction du revenu du ménage. Les primes sont en effet les mêmes, que vous travailliez pour un employeur et ayez un gros salaire ou que vous ayez un salaire modeste et sans augmentation notable.
Contrairement aux interventions régulières qui se veulent apaisantes, l'horizon ne se dégage pas. Le système est à bout de souffle du côté des payeurs de primes. Du côté des prestataires de soins, la situation est bien différente, tout le monde n'étant pas logé à la même enseigne. Le biais incitatif négatif du système de paiement des soins n'a pas encore, avec détermination, favorisé le premier recours et visé à mieux payer le personnel soignant et les médecins généralistes en comparaison de la médecine spécialisée. Il est grand temps de le faire. Il est également grand temps de se souvenir que les études de médecine doivent adapter leurs filtres, la dimension humaine étant absente de la sélection drastique des étudiants et étudiantes de première année. Or, c'est d'abord cela qui fait de bons médecins pour les patients: la dimension humaine et large des soins.
Votre vote pour l'introduction d'un gel des primes est l'occasion de montrer à la population suisse que le Parlement est concerné par ces problèmes et qu'il augmente la pression pour que les acteurs du système se mettent d'accord, non pas pour cimenter le statu quo, mais bien pour réorienter notre système vers un système de santé auquel la population accorde sa confiance, non seulement sur le plan médical, comme maintenant, mais aussi en matière de gouvernance. Dans ce domaine, elle a aujourd'hui toutes les raisons d'en douter. Le montant des primes d'assurance-maladie dans le budget des ménages augmente chaque année. Les primes ne sont d'ailleurs pas comptabilisées dans le panier des ménages et n'entrent donc pas dans le calcul de l'inflation. Pourtant, ces frais pèsent massivement. Plus des trois quarts des assurés ont choisi désormais un modèle alternatif. Je dirige la Fédération romande des consommateurs et nous sommes hélas bien placés pour nous rendre compte de ce qui se passe sur le terrain, lors des conseils LAMal; on arrive au bout du système de l'optimisation possible de ce côté. Le potentiel est en revanche largement existant dans le reste du système de soins. Dans les faits, les primes couvrent davantage que les prestations nettes fournies. Elles constituent une forme de taxe. Cette taxe augmente annuellement de 844 millions de francs en moyenne. Cette augmentation représente 22 milliards de francs cumulés sur la période allant de 1996 à 2022.
Donnez-moi un exemple d'une taxe qui augmente ainsi chaque année sans débat démocratique. Je n'en vois aucune. Prenez par exemple la vignette autoroutière ou la TVA: leurs augmentations font l'objet de débats soutenus, alors que l'impact budgétaire pour la population est moins important. Non seulement l'allocation de cette taxe ne fait l'objet d'aucune délibération ou prise de décision parlementaire, mais, en plus, les assurés, qui constituent manifestement la part la plus importante de ce système, ne sont pas impliqués. Les pouvoirs publics s'empêtrent dans des arbitrages, dans lesquels ils échouent année après année, malgré le temps qui y est consacré depuis quinze ans.
La gouvernance même du système de santé est problématique. Que font les autres acteurs du système de soins? Chercher l'efficience? Mieux répartir les mannes financières? Changer le financement du système? On en est loin. C'est une tendance dans le système des soins: les acteurs savent s'unir pour dire non. Ce réflexe a une explication. Comme aucune loi ne permet de plafonner les primes, ils ne payent jamais le prix de leur inaction et le transfèrent sur les assurés. Geler l'augmentation des primes est seulement un levier. La dernière solution pour dégeler les positions des différents acteurs est de lever les obstacles, qui ont trop longtemps bloqué la réforme du système de santé.
Es ist an sich keine Reform, es ist eine vorübergehende Massnahme, deren Ergreifung von der Bereitschaft der Tarifpartner abhängt, wieder Partner zu werden und sich darauf zu einigen, welchen Kurs sie für ein funktionierendes Gesundheitssystem einschlagen wollen. Die Versicherten können nicht jedes Jahr von Neuem die Anpassungsvariable sein. Das Ziel der Reformen ist es, eine gesunde Schweizer Bevölkerung zu haben, und das hängt nicht unbedingt von hohen Kosten im Gesundheitssystem ab.
Je vous remercie de votre attention; les assurés de votre vote. [PAGE 2465]