Clivaz Christophe · Nationalrat · 2024-12-20
Clivaz Christophe · Nationalrat · Wallis · Grüne Fraktion · 2024-12-20
Wortprotokoll
"Links-grüne Politik", voilà ce que j'ai appris ici. Je suis content d'apprendre que la gauche et les Verts ont la majorité dans ce Parlement et que la stratégie énergétique suisse ainsi que nos politiques publiques en matière énergétique et industrielle sont dominées par la gauche. J'aimerais quand même rappeler au groupe UDC qu'il est assez largement le plus grand groupe politique et qu'il y a, pour l'instant, toujours une majorité bourgeoise dans ce Parlement.
Je trouve que le groupe UDC a beaucoup de culot et fait preuve quand même d'une certaine incohérence. Accuser la gauche et les Verts d'empêcher la transition énergétique, c'est oublier que le parti qui se bat le plus intensément contre le développement des énergies renouvelables et qui s'est opposé à la stratégie énergétique 2050, c'est bien l'UDC. Une deuxième incohérence, pour un parti qui se veut le champion de l'indépendance et de la sécurité de l'approvisionnement en Suisse, est de ne pas vouloir soutenir des entreprises, des sites de production et des emplois qui sont en Suisse.
J'en viens maintenant à quelques raisons pour lesquelles les Verts souhaitent ce soutien ponctuel apporté à ces entreprises de l'acier et de l'aluminium.
Premièrement, si elles disparaissent, un savoir-faire va disparaître à coup sûr pour longtemps dans le domaine de la production de l'acier et de l'aluminium. Deuxièmement, l'acier et l'aluminium sont des ressources essentielles pour la transformation écologique de l'économie. Sans acier, sans aluminium, pas de trains, pas d'éoliennes, pas de pompes à chaleur. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il est aussi important de minimiser les distances de transport de l'acier et de recycler la ferraille. Troisièmement, ces entreprises contribuent ainsi, de fait, à l'économie circulaire, le grand enjeu qui nous attend ces prochaines années. Ce sont aussi des entreprises qui sont relativement peu énergivores et émettrices de CO2 dans leurs processus de production par rapport à d'autres sites de production à l'étranger. [PAGE 2593] Quatrièmement, et c'est important de le rappeler, les conditions sont strictes; notamment, pas de versement de dividendes aux actionnaires, la nécessité d'élaborer un plan d'exploitation montrant la possibilité de maintenir le site de production et, ce qui nous réjouit particulièrement, l'élaboration d'une feuille de route pour décarboner les processus de production et atteindre le zéro net. Enfin, "last but not least", des centaines d'emplois sont en jeu et il vaut la peine d'essayer de tenter ce coup de pouce. Il est vrai qu'on ne sait pas si ce sera suffisant ou non, mais cela pourrait s'avérer décisif pour le maintien en Suisse de ces places de travail.
Ceci dit, au-delà de cette action dans l'urgence, les Verts ont déjà souligné à plusieurs reprises, et notamment à l'occasion de la fermeture de la verrerie Vetropack à Saint-Prex, que nous souhaitons une réflexion proactive de la Confédération afin d'établir une stratégie permettant de maintenir dans notre pays les industries qui apportent une plus-value dans la mise en oeuvre des principes de l'économie circulaire, tout en contribuant à notre sécurité d'approvisionnement.
Au-delà du soutien apporté ce jour, c'est bien cet enjeu plus général qui nous occupera ces prochaines années.