Cottier Damien · Nationalrat · 2025-03-04
Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2025-03-04
Wortprotokoll
Je renonce à refaire le débat d'entrée en matière, que nous avons déjà eu lors de la session précédente. Il a insisté sur le fait que la majorité des groupes du Conseil national et manifestement du Parlement estiment que dans la situation économique actuelle, vu les défis auxquels la presse est confrontée - pas seulement en Suisse d'ailleurs, sur l'ensemble de notre planète, mais avec la particularité de notre système suisse, c'est-à-dire à la fois avec la démocratie directe, très vivante et cantonale pour l'essentiel, avec des petites régions linguistiques et une diversité de langues - et parce que la presse est constituée d'entreprises faisant partie d'un secteur économique particulier qui a un rôle essentiel à jouer dans notre démocratie, il est nécessaire d'apporter un soutien accru de durée limitée, en particulier à la presse régionale et locale, pour qu'elle puisse faire cette transition vers le numérique et que la diversité des médias reste garantie dans notre pays.
C'est la raison pour laquelle la majorité du groupe libéral-radical soutient l'idée d'un appui accru à la presse régionale et locale. Il le fait toutefois en tenant compte de la situation financière du budget de la Confédération.
Vous savez - cela nous occupe régulièrement et cela nous occupera encore beaucoup durant les prochains mois - que nous sommes en train d'établir un programme d'économies pour essayer de remettre sur les rails le budget de la Confédération, qui, sinon, à partir de 2027-2028, risque de se retrouver avec plusieurs milliards de francs de déficit, ce qui ne nous permettrait pas de remplir le mandat populaire reçu de manière éclatante il y a une vingtaine d'années, avec le mécanisme du frein à l'endettement qui nous permet d'éviter des déficits accumulés, mais aussi d'éviter d'augmenter sans cesse la pression fiscale sur les Suisses et sur leurs entreprises.
C'est un système qui, par ailleurs, nous préserve de bien des problèmes que nous voyons dans de nombreux pays étrangers, y compris dans la plupart des pays voisins; que Dieu nous préserve de tomber dans cette situation. Maintenir un certain équilibre des finances fédérales est donc une priorité du Parlement, et, par ailleurs, nous avons choisi la priorité d'une aide appuyée à la presse régionale et locale. C'est la raison pour laquelle notre groupe vous invite à soutenir la majorité concernant la presse des fondations et la presse associative. Nous ne contestons pas l'importance de cette presse. Plusieurs orateurs qui plaident, eux, pour une augmentation ou pour le maintien du montant actuel dans ce domaine l'ont bien souligné: cette presse est importante, elle a un rôle à jouer. Néanmoins, la politique, c'est faire des choix. Aujourd'hui, financièrement, nous ne pouvons pas simplement dire que nous augmentons ou maintenons les moyens ici, parce que nous créerions un déséquilibre financier au moment même où nous cherchons des économies dans pratiquement l'ensemble des autres domaines de la Confédération.
Pour cette raison de logique financière, notre groupe vous invite à augmenter le soutien à la presse régionale et locale de manière ponctuelle. Il s'agit de maintenir la décision de notre conseil et, donc, de ne pas soutenir la minorité Candinas Martin concernant la presse des fondations et la presse associative.
Notre groupe propose de soutenir la minorité Rutz Gregor, avec le montant de 37,5 millions de francs pour l'aide directe, selon l'avis du Conseil fédéral, et de soutenir la minorité Schilliger, avec l'introduction d'une aide à la distribution tôt le matin, qui n'existe pas actuellement, d'un montant raisonnable de 15 millions de francs, contrairement au montant de 25 millions de francs décidé par le Conseil des Etats.
De cette manière, dans l'ensemble, nous garderions pratiquement l'enveloppe actuelle pour l'aide à la presse: il y aurait une augmentation de 2,5 millions de francs, on passerait de 50 à 52,5 millions de francs. Par contre, si, comme l'ont recommandé certains groupes, on réintroduisait 20 millions de francs pour la presse des fondations et la presse associative et que, pour le reste, on devait soutenir la majorité, il y aurait une augmentation de 35 millions de francs par rapport à la situation actuelle; ce n'est tout simplement pas acceptable et supportable financièrement.
Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de soutenir les propositions des minorités Rutz Gregor et Schilliger et, pour la presse associative et la presse des fondations, de soutenir la majorité.