Weber Céline · Nationalrat · 2025-03-05
Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2025-03-05
Wortprotokoll
Quand avez-vous eu la dernière fois un problème avec un manque d'argent liquide à travers le pays, pour pouvoir payer en Suisse? J'ai beau réfléchir, je n'arrive pas à me souvenir que nous aurions eu un problème en Suisse que cette initiative permet concrètement de résoudre. En conséquence, le groupe vert'libéral ne comprend pas quel problème l'initiative dite "l'argent liquide, c'est la liberté" nous permettra concrètement de résoudre. Personnellement, j'ai pour habitude de mélanger les formes de paiement, c'est-à-dire en argent liquide ou numérique, pour des raisons personnelles. En effet, d'un côté, je n'ai pas envie de laisser une trace numérique de chaque paiement que je fais, mais d'un autre côté, je n'ai pas envie de me promener avec des sommes trop importantes sur moi. En clair, j'adapte le moyen de paiement à ce qui me convient: c'est ma liberté et cela a toujours fonctionné pour le moment.
En outre, rien ne permet de penser que l'argent liquide risque de disparaître prochainement ou que notre devise sera remplacée. Le peuple suisse est attaché à sa monnaie. C'est bien ainsi et ce n'est pas près de changer. Ainsi, il ne nous paraît pas pertinent, au sein du parti vert'libéral, d'alourdir la Constitution avec des articles qui relèvent soit du détail, soit carrément de l'inutilité totale, tant la garantie de l'approvisionnement en numéraire et le franc en tant que monnaie suisse sont aujourd'hui déjà inscrits dans la loi sur la Banque nationale ou dans la loi fédérale sur l'unité monétaire et les moyens de paiement. Cette initiative n'apporte donc strictement aucune plus-value évidente et le parti vert'libéral la rejettera fermement.
S'agissant du contre-projet direct, notre groupe est divisé. Une partie du groupe rejette le contre-projet, car il considère que ce contre-projet souffre des mêmes problèmes que l'initiative, à savoir qu'il cherche à résoudre un problème qui n'existe pas en introduisant des articles et une réglementation superflus. Or, plutôt que de perdre du temps à résoudre des problèmes imaginaires, nous devrions nous concentrer sur les véritables défis, à savoir permettre l'innovation et accompagner les changements de comportement dans les modes de paiement. Pour cela, la réglementation légale en vigueur suffit amplement.
D'un autre côté, cependant, une partie de notre groupe estime au contraire que le contre-projet tient compte des revendications ou préoccupations de l'initiative, mais de façon simple et sans surcharger inutilement la Constitution. Le contre-projet permet de garantir le maintien de l'argent liquide auquel les Suisses sont attachés, mais sans la vision dogmatique et rigide de l'initiative. C'est la raison pour laquelle une partie de notre groupe soutiendra le contre-projet.
Ceci dit, dans les deux cas, notre groupe rejettera les propositions des minorités: la proposition de la minorité Ryser, parce qu'elle va à contre-courant de l'évolution actuelle et coûterait très cher, et la minorité Hübscher, parce qu'elle représente une intervention étatiste dans la liberté contractuelle entre clients et vendeurs, s'agissant du moyen de paiement, ce que nous refusons catégoriquement.
Je vous invite donc à rejeter l'initiative ainsi que les propositions de minorité du contre-projet.