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Weber Céline · Nationalrat · 2025-03-05

Weber Céline · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2025-03-05

Wortprotokoll

Avec cette initiative déposée par la Jeunesse socialiste, nous nous retrouvons à débattre d'une initiative qui pose deux problèmes majeurs. Premièrement, cette initiative n'est rien d'autre que les prémices d'un Etat moralisateur qui se voudrait seul juge de ce qui est bon ou mauvais pour la société; un Etat paternaliste qui aurait tout pouvoir de décider ce qui est une vie digne d'être vécue et [PAGE 107] ce qui ne l'est pas, et d'imposer cette vision à l'ensemble de la société. En effet, d'entrée de jeu, à l'article 129a alinéa 1 provisoire, il est écrit: "La Confédération perçoit un impôt sur les successions et les donations des personnes physiques en vue de construire et préserver un avenir digne d'être vécu." Vous avez bien entendu: "digne d'être vécu". A l'heure où la démocratie est une valeur en recul dans de nombreux pays, nous devons impérativement veiller à ce que ce recul ne touche pas également la Suisse. Qui d'entre vous oserait prétendre avoir la science suffisamment infuse pour pouvoir définir de façon unique ce qu'est un avenir digne d'être vécu et imposer sa vision de la dignité à l'ensemble de nos concitoyennes et concitoyens? Et comme si cela ne suffisait pas, l'initiative vise à étendre la perception de cette dignité également à toute l'économie. Comme si là encore, il n'y avait qu'une seule vision de ce qu'est une économie digne ou dignement menée. Notre démocratie est une valeur précieuse, une valeur sûre qui a fait la Suisse d'aujourd'hui. Nous devons préserver notre démocratie et non la sacrifier en propageant un dogme de la pensée unique, sous prétexte de politiques climatiques.

Le deuxième problème soulevé par cette initiative, c'est évidemment le volet économique. Si nous voulons avoir en Suisse un outil de production de qualité, qui permet de payer des salaires et d'exporter des biens, nous avons besoin d'entrepreneurs, hommes et femmes, qui investissent dans nos entreprises, qui sont prêts à prendre des risques et qui croient en un avenir serein dans notre pays. Il faut investir dans un parc de machines, dans des bâtiments, des brevets et j'en passe, des investissements sans lesquels nos PME ne seraient pas ce qu'elles sont; eh bien ces investissements ne peuvent être faits que si l'on a une planification à long terme. Ce n'est qu'ainsi qu'on aura des outils de production performants qui paient des salaires et génèrent des revenus, également pour l'Etat. Or, comme si les incertitudes géopolitiques n'étaient pas suffisamment nombreuses, on veut, avec cette initiative, ajouter encore des incertitudes à l'intérieur de notre propre pays. Ce n'est pas sérieux et ce n'est pas l'avenir que je veux léguer à mes enfants. 90 pour cent de l'impôt sur la fortune est payé par seulement 5 pour cent des contribuables. Voulons-nous vraiment les faire fuir et reporter la charge sur la classe moyenne? Et qu'on ne vienne pas me dire que ces contribuables ne quitteraient pas le pays, puisque l'initiative contient une clause qui le prévoit. Pour le groupe vert'libéral, la réponse est clairement non, nous ne voulons pas les faire fuir.

C'est pourquoi nous recommanderons le rejet de cette initiative extrême des jeunes socialistes, et n'entrerons pas non plus en matière sur un contre-projet.