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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2025-03-05

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-03-05

Wortprotokoll

J'aimerais vous parler d'un aspect de cette initiative. Avant même les débats parlementaires, les personnes ultrafortunées de ce pays se sont excitées en disant que cette initiative était soi-disant trop extrême. Dire que cette initiative est extrême, alors qu'elle vise à ce que seules les fortunes de plus de 50 millions de francs soient imposées, et seulement la part qui dépasse 50 millions, c'est ce qui est extrême. Parce que ce qui est vraiment extrême dans la société dans laquelle nous vivons, c'est que ces fortunes puissent exister, s'accumuler et s'accroître à longueur de journée, davantage et davantage.

Nous avons chaque année les mêmes débats au sujet de la fiscalité dans ce Parlement. Au cours de tous ces débats, nous entendons dire à quel point les gens, ces riches, trouvent qu'ils sont trop taxés et affirment qu'ils vont partir. Mais en même temps que nous discutons de cela - en même temps - ces fortunes, chaque année, s'accroissent. Pensez donc: alors que les salaires, en vingt ans, n'ont augmenté que de 15 pour cent en termes réels, la fortune des 300 plus riches de Suisse a quadruplé. Vous me direz que je compare ce qui n'est pas comparable, que je mélange revenu et fortune, mais c'est la même chose: la fortune d'un riche, c'est son revenu. S'il touche 5 pour cent de 1 milliard ou 5 pour cent de 10 milliards de francs chaque année, c'est 10 fois plus de revenus.

Quand on a de l'argent et qu'on gagne de l'argent parce qu'on a de l'argent, on n'a pas besoin de travailler. Si vous dirigez une entreprise, que vous êtes au front pour soigner des gens, vous devez travailler pour gagner votre argent. Mais si vous possédez juste une entreprise et qu'elle prend de la valeur, vous ne travaillez pas. Si vous pouvez gagner des milliards de francs de revenus sans travailler, c'est que quelqu'un d'autre travaille pour vous. Chaque année, les gens travaillent, de plus en plus, non pas pour eux, pour gagner leur revenu, mais pour gagner le revenu des plus grandes fortunes de ce pays.

Ce qui est proposé par les auteurs de l'initiative et par toutes les minorités qui demandent un contre-projet, ce n'est même pas de régler le problème: c'est de l'atténuer. Cette massive augmentation de la concentration des richesses devient tellement dangereuse qu'elle permet aux riches non seulement de bien vivre, non seulement de s'acheter des yachts et des jets privés, mais de s'acheter la démocratie des pays, des groupes de médias, des politiciens et des partis politiques - à travers les banques, par exemple. C'est le contraire de tout ce pour quoi nous sommes censés nous battre ici, dans ce Parlement.

Nous nous battons d'abord pour la liberté, la liberté de toutes et tous, c'est-à-dire le fait que chaque personne qui vit chez nous puisse dire que, grâce aux ressources que nous avons dans ce pays, la société fait en sorte qu'elle ait la possibilité de faire le maximum pour être heureuse. Je contribue et je reçois. Aujourd'hui, nous recevons beaucoup moins pour notre contribution, parce que nous devons alimenter la fortune croissante des riches. Plus cette fortune est grande, plus elle utilise son influence et son pouvoir ultraconcentré pour déterminer nos destins.

Il est temps de revenir à la démocratie et de se battre aussi pour le climat, en acceptant ce texte ou au moins l'un des contre-projets proposés par les minorités.