Kamerzin Sidney · Nationalrat · 2025-03-11
Kamerzin Sidney · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2025-03-11
Wortprotokoll
Une Suisse qui s'engage, mais pour qui, pourquoi et avec quelles conséquences? Cela aura des conséquences certaines sur le plan des effectifs. D'une part, sur ceux de la protection civile et de l'armée, car avec cette initiative, il y a un risque de sous-effectif, et, d'autre part, pour toutes les associations hors du secteur de la sécurité, dans le domaine de la collectivité civile et de l'environnement, il y a un risque de sureffectif, avec des conséquences néfastes.
Dans ces domaines - cela a été mentionné à plusieurs reprises - hormis celui de la sécurité, ce seront environ 30[NB]000 personnes qui arriveront sur le marché en Suisse au service de la collectivité et de l'environnement, si l'on introduit un service obligatoire. Cela a été dit: cela provoquera des risques de dumping salarial pour certaines professions, notamment dans le domaine de la santé - on peut penser aux aides-soignants -, un risque de travail forcé même - c'est évoqué dans le message. En ce qui concerne nos PME et l'économie: de nombreuses personnes - entre 50[NB]000 et 70[NB]000 selon les évaluations - devront partir chaque année. Dans une période où la pénurie de main-d'oeuvre est palpable et s'accentuera à l'avenir, cela risque d'aggraver la situation dans les secteurs où la main-d'oeuvre est le plus nécessaire, notamment la construction, la mécanique, etc., car beaucoup de personnel manquera. Cela induira également des risques importants pour le bénévolat: pour toutes ces raisons déjà, sur le plan de la vie associative et des organisations qui s'impliquent déjà dans la collectivité et en faveur de l'environnement, il y a un risque de sureffectif.
Mais, surtout, cette initiative présente un risque de sous-effectif pour notre armée. Aujourd'hui, environ 30[NB]000 personnes par année sont nécessaires. Vous me direz que 50[NB]000 personnes arriveront, mais ces personnes auront le choix entre le service militaire, la protection civile et un service civil. Vous me direz que 50[NB]000, c'est plus qu'assez; mais comment procéderez-vous pour choisir? Procéderez-vous à un tirage au sort? Comment choisir les personnes qui feront le service militaire - est-ce que ce sera sur le principe du premier arrivé, premier servi? Cette question se pose. A un moment donné, il faudra imposer une obligation pour garantir les effectifs, puisque c'est dans le texte de l'initiative. Comment cela sera-t-il fait? Cela n'est pas indiqué et créera des inégalités, puisqu'on sait qu'aujourd'hui, un jeune préfère effectuer un service civil, moins astreignant et moins contraignant qu'un service au sein de l'armée - d'ailleurs, c'est pour cela que le service civil dure une fois et demie plus longtemps que le service militaire ou la protection civile. Cela représente un risque de sous-effectif dans une période d'instabilité, dans une période où l'Europe se retrouve seule face à son destin et où les pays qui nous entourent - France, Belgique, Royaume-Uni et Allemagne - pensent plutôt à réintroduire le service militaire obligatoire plutôt qu'à l'alléger. Cette initiative conduira à l'affaiblissement de nos effectifs, à l'affaiblissement de notre armée et de notre protection civile, à un moment où elles en ont peut-être le plus besoin.
Merci de rejeter ce texte.