Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2025-03-12
Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2025-03-12
Wortprotokoll
Au nom de la minorité de la commission, je vous invite à donner suite à cette initiative parlementaire, "Sauvegarder le pouvoir d'achat de la population avec un moratoire sur les primes maladie", et non à la combattre.
En effet, le gel des primes demandé est un moyen nécessaire pour endiguer la charge que représentent les primes pour les ménages de ce pays, tout en augmentant la pression sur les acteurs concernés pour que des solutions soient rapidement trouvées. Cette charge est devenue insoutenable, comme l'a déjà indiqué l'auteure de l'initiative, pour un grand nombre de familles et de personnes de condition modeste. En moyenne, la charge atteint 14 pour cent du revenu disponible et, selon les constellations des ménages, elle peut dépasser les 20 pour cent. Lorsque la LAMal a été introduite, il n'a jamais été question qu'un tel poids pèse sur la population. Il s'agit donc de rétablir une justice dans un système qui fait porter un trop grand poids à la population. Il n'y a aucune raison de maintenir un système dans lequel ce sont uniquement les assurés qui font les frais de notre immobilisme.
Nous devons mettre une certaine pression sur l'ensemble des acteurs, que ce soit les politiques, les assurances, la Confédération ou encore les professionnels de la santé. Car, au fond, si l'on examine le résultat de nos délibérations avec honnêteté et humilité, actuellement, on demande à la population de payer, par des primes en constante augmentation, notre incapacité à trouver des compromis et à réformer le système de santé en profondeur. Les mesures prises jusqu'ici et celles qui sont actuellement en discussion au sein de notre Parlement ne suffiront pas, selon la minorité, à alléger de manière significative la charge que représentent les primes d'assurance-maladie.
Il s'agit de donner un signal à tous les acteurs du système de santé pour qu'ils cessent de défendre uniquement leurs propres intérêts économiques, sans vision globale, sans prise de conscience que la voie actuelle nous mène dans le mur. Tout le monde a intérêt à ce que notre système de santé perdure, à commencer par les acteurs qui actuellement en profitent. L'idée du moratoire n'est pas nouvelle, comme l'a indiqué l'auteure de l'initiative. Cette proposition revient régulièrement sur la table. Il s'agit d'une mesure concrète qui forcerait tous les acteurs à trouver des solutions et qui pousserait tous les partis à accepter des compromis plutôt que de camper sur leurs positions idéologiques.
Cette initiative parlementaire a été déposée peu avant les élections fédérales. A l'époque, tous les partis ont prétendu vouloir s'occuper du problème des coûts de la santé et de l'augmentation des primes maladie. Alors, chères et chers collègues, il est grand temps d'être cohérent et de saisir sérieusement ce problème. Un mot sur la durée du moratoire proposé: un an. Il s'agissait de l'année 2025, quand l'initiative parlementaire a été déposée. Ce gel devra être reporté à l'année prochaine et a pour but de fixer des priorités. On pourrait d'ailleurs également prolonger ce moratoire sur les primes. Le 15 août dernier, notre commission a décidé, par 15 voix contre 8 et 1 abstention, de ne pas donner suite à cette initiative.
Au nom de la minorité, je vous invite au contraire à prioriser le pouvoir d'achat des ménages et à prendre comme mesure exceptionnelle un gel, non pas des primes 2025, mais des primes 2026, et à donner suite à cette initiative parlementaire.