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de Quattro Jacqueline · Nationalrat · 2025-05-06

de Quattro Jacqueline · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2025-05-06

Wortprotokoll

Une mère menacée par sa fille avec un couteau. Un père brutalement poussé contre le mur par un adolescent. Des parents régulièrement menacés, insultés et rabaissés par leurs enfants. Ces situations existent malheureusement également chez nous. Cette forme de violence a un nom: la violence d'enfants envers leurs parents, appelée VEP.

Elle est malheureusement en progression. Ce sont les spécialistes et les milieux concernés qui le disent. Entre 2021 et 2023, la police a enregistré en moyenne 388 personnes pour des actes de violence à l'égard de leurs parents; 75,5 pour cent d'entre elles sont de sexe masculin et 24,5 pour cent de sexe féminin. Les jeunes de 15 à 17 ans sont surreprésentés. Il faut évident partir du principe que les chiffres connus ne sont que la pointe de l'iceberg. Les victimes n'en parlent pas, puisqu'il s'agit de leurs propres enfants. La violence contre les parents peut être verbale, physique, émotionnelle, financière ou même sexuelle. Ce sont souvent les mères qui en sont les victimes, mais pas seulement. Des familles, issues de tous les milieux sociaux, peuvent être touchées par ce fléau. Parmi les raisons de cette violence, le changement de modèle familial est cité par des experts. D'autres causes sont évoquées par Pro Juventute, qui est régulièrement confrontée à de tels cas: l'alcool et les drogues. De plus, les modèles sur les réseaux sociaux ont également un effet négatif et peuvent inciter des jeunes hommes à adopter un comportement agressif.

Souvent, les parents sont souvent démunis et ne savent pas comment réagir. La majorité d'entre eux hésite à porter plainte, que ce soit par honte ou par attachement à leurs enfants. Les cas sont en grande partie découverts par le biais de dysfonctionnements signalés en dehors du cercle familial, que ce soit à l'école ou dans le cadre d'enquêtes pénales ouvertes pour d'autres motifs. Force est d'admettre que le sujet est encore tabou. [PAGE 629]

Les spécialistes de notre pays se plaignent de ne disposer ni d'état des lieux ni de chiffres précis sur cette thématique, alors que des études existent: elles ont été menées à l'échelle européenne ou en Australie. Il me paraît essentiel que cette maltraitance envers les parents soit reconnue pour pouvoir être traitée en conséquence, car la violence d'enfants envers leurs parents entraîne non seulement des problèmes sociaux - la gestion de la violence et l'isolement qui peut en découler -, mais aussi des charges financières pour la société. C'est également contraire aux engagements internationaux de la Suisse. Notre pays a ratifié la Convention des droits de l'enfant.

Dans mon postulat, je demande non seulement au Conseil fédéral de faire un état des lieux de cette problématique, mais aussi de nous indiquer quelles sont les différentes solutions qu'il peut envisager, avec leurs conséquences financières, pour endiguer et prévenir cette maltraitance. Il est vrai que tous les deux ans, des statistiques sont publiées sous la forme de pourcentages dans la statistique policière de la criminalité. Cela paraît insuffisant aux spécialistes qui m'ont contactée. Ils estiment également que les mesures mises en place par les cantons et les autres acteurs sont insuffisantes. La lutte contre la violence faite aux femmes est largement soutenue par la Confédération avec des programmes spécifiques, à juste titre, à mes yeux. La même attention doit être appliquée aux violences contre les parents.

C'est un constat partagé par Pro Juventute, qui estime que les mineurs qui ont besoin d'une aide rapide ne reçoivent pas toujours le soutien approprié. En cause, les longs délais d'attente dans les services psychiatriques pour enfants et adolescents. Or la violence d'enfants envers leurs parents s'inscrit souvent sur la durée et dépend d'une multitude de facteurs. Il est donc important que la famille soit sensibilisée et soutenue pour lui permettre de sortir de cette tyrannie. En bref, le jeune doit être éduqué sur sa gestion de la frustration.

Une action purement cantonale ne semble pas suffisante, d'abord, de par le caractère universel de ces formes de violences et, ensuite, parce que les familles peuvent déménager d'un canton à un autre.

La Confédération doit évidemment travailler étroitement avec les cantons. A l'image de la violence domestique, de la propagation du sida ou des accidents de la route, qui font régulièrement l'objet de campagne d'information auprès de la population, cette forme de violence mérite également d'être thématisée afin que les parents maltraités puissent être aidés.

Nous devons sensibiliser la population à la maltraitance contre les parents et la rendre plus visible pour aider ces familles à sortir de la tyrannie, car aucune forme de violence n'est acceptable.