Fivaz Fabien · Nationalrat · 2025-05-06
Fivaz Fabien · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2025-05-06
Wortprotokoll
L'intelligence artificielle est en quelques années devenue omniprésente. Tous les géants de l'informatique développent des intelligences artificielles pour toutes les applications possibles et imaginables. Ces développements vont bouleverser la manière dont nous travaillons, communiquons, voyageons, apprenons, construisons, etc. Bref, peu de domaines seront épargnés.
Ces développements auront un autre impact. Celui-là est énergétique. Publiés il y a quelques semaines, les chiffres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) font froid dans le dos. La consommation liée à l'intelligence artificielle dans les centres de données devrait augmenter de manière spectaculaire. Elle devrait doubler d'ici 2030 pour atteindre un pétawattheure - j'ai dû aller vérifier ce que c'était -, soit 1000 térawattheures. C'est l'équivalent de la consommation énergétique du Japon. En Irlande, la consommation des centres de données représente aujourd'hui déjà 20 pour cent de la consommation globale du pays. La croissance, elle aussi, est immense. On parle de 12 pour cent chaque année. Cela met, déjà aujourd'hui, et mettra une pression immense sur nos ressources et nos réseaux électriques, sans parler de l'impact climatique. Toujours selon l'AIE, les centres de données pourraient représenter plus de 1,5 pour cent des émissions mondiales de CO2 à l'horizon 2035. Ce chiffre sera encore en augmentation les années suivantes.
Si nous ne voulons pas que ces chiffres explosent, si nous voulons respecter la stratégie énergétique, la stratégie climatique, de la Confédération, alors l'augmentation de la consommation des centres de données devra être comblée majoritairement par des sources renouvelables. Tout n'est pas à jeter. Les rapports de l'AIE mettent également en évidence les possibilités d'utiliser l'intelligence artificielle pour, par exemple, améliorer l'efficience et la gestion des réseaux électriques, pour permettre des économies dans les bâtiments, dans l'industrie et dans les transports. J'imagine que le Conseil fédéral, dans sa stratégie, pourra aussi apporter des éléments positifs en lien avec l'intelligence artificielle. La stratégie énergétique 2050 de la Confédération repose sur deux piliers essentiels, d'une part, une augmentation significative de la production d'électricité à base de sources renouvelables et, d'autre part, des mesures de sobriété énergétique. Est-ce qu'elle est tenable? Est-ce qu'elle doit être adaptée? Prévoit-elle de manière adéquate l'intégration de nouvelles technologies aussi énergivores, tout en maintenant l'objectif ambitieux de la neutralité carbone en 2050 et le désengagement progressif de l'énergie nucléaire? Dans son rapport, le Conseil fédéral pourra détailler l'impact énergétique actuel et futur de l'intelligence artificielle. Il pourra non seulement analyser les scénarios possibles et les risques associés, mais aussi proposer des adaptations et des mesures complémentaires, si nécessaire.
Il pourra à la fois montrer comment combler cette augmentation, mais aussi quelles pourraient être les contributions positives de l'intelligence artificielle dans le domaine de l'énergie - je l'ai dit précédemment.
Notre devoir est de veiller à ce que les avancées technologiques soient accompagnées d'une planification lorsqu'elles sont énergivores, d'une planification énergétique rigoureuse, afin qu'innovation et durabilité puissent coexister.
Chers collègues, je vous remercie, car il s'agissait de ma dernière intervention au Conseil national. Vous le savez, dès la session suivante, je deviendrai conseiller aux Etats. J'ai énormément apprécié le travail durant les cinq ans et demi avec vous. Je vous remercie chaleureusement.